Les éditions Erasme et Averbode proposent des outils pour aider parents et enseignants durant le confinement.

Perdus entre les différentes plateformes, les Teams, les Zoom, les travaux à imprimer, de nombreux parents ont du mal à gérer les études de leurs enfants tout en télétravaillant. C’est pour les épauler et les conseiller que les éditions Erasme et Averbode ont mis en ligne, sur un site dédié, de multiples pistes à suivre pour encadrer au mieux les jeunes pendant ce confinement. Par ailleurs, un helpdesk téléphonique est également accessible trois fois par semaine, où l’on peut poser toutes les questions qui nous préoccupent.

"Il y a beaucoup de questions d’organisation : combien de temps faut-il faire travailler mon enfant, combien de temps d’affilée ?", explique Stéphanie Péters, docteur en Psychologie et Sciences de l’Éducation, coach scolaire et auteure de Accompagner les ados vers la réussite scolaire. "Évidemment, la charge de travail n’est pas la même d’un enfant à l’autre, en fonction du niveau d’étude, primaire ou secondaire. J’entends pas mal d’inquiétude sur le fait de perdre les apprentissages."

Est-ce que la multiplicité des outils et la difficulté à les gérer reviennent souvent dans vos conversations ?

"En effet, les tâches données par l’école le sont un peu de manière désordonnée. Soit il y a une diversité de plateformes et d’outils, on perd les mots de passe, etc. Et puis, la charge de travail n’est pas toujours coordonnée entre les enseignants. Il y en a qui ont tout de suite réagi et qui étaient plus à l’aise avec l’outil technologique. Ils ont pu proposer des choses, d’autres sont arrivés plus tardivement et il n’y a pas énormément de concertation. En tout cas dans le secondaire puisque dans le primaire, il y a un instituteur ou une institutrice. "

Est-ce que le fait qu’il n’y a pas de "contrôle" contribue à l’inquiétude des parents ?

"Oui, cela fait partie de la catégorie "on a peur qu’ils n’apprennent plus" et je partage en partie leurs inquiétudes, en tout cas en termes d’apprentissage scolaire. Parce qu’ils apprennent plein de choses en dehors de l’école. Tout ce qui est lié à la mémorisation, à l’exercisation : si on ne s’entraîne pas, on perd une partie. Les tables de multiplication, si on ne revient pas régulièrement dessus avec eux, les enfants risquent d’oublier. Idem pour les langues, dans le secondaire. En effet, le fait qu’il n’y ait pas d’échéance, d’évaluation, surtout chez les ados, c’est compliqué. Chez eux, le petit coup de boost, c’est l’échéance qu’il y a derrière. Or, ce levier motivationnel n’est plus là."

Le risque c’est qu’en septembre on se retrouve avec des classes tout à fait inégales, avec des enfants qui ont continué de travailler et qui ont été suivis et d’autres qui seront en décrochage ?

"Je pense qu’il y aura de grosses disparités, en effet, par rapport au type d’apprentissage que les enfants auront fait jusqu’en juin. Tous ne sont pas suivis de la même manière. Donc il y aura un décalage entre les enfants qui ont été sollicités et qui ont fait leur travail et les autres. Mais est-ce que ce sera différent d’une situation normale ? Même quand on n’est pas en confinement, il y a de grosses différences entre les enfants qui sont suivis et ceux qui ne le sont pas".

Qu’est-ce que vous dites aux parents pour les déculpabiliser, à ceux qui ne s’en sortent pas ?

"Qu’un parent, en temps normal, ça propose à son enfant des conditions idéales pour faire son job d’étudiant ou d’élève. La scolarité prend énormément de place dans la vie des familles, beaucoup d’énergie. Il faut pouvoir remettre les parents à leur place de parents. Ils ne doivent pas chercher à être des professionnels de l’enseignement. D’autant que l’on est en confinement, ce qui ajoute une charge mentale. Je les invite aussi à contacter les enseignants, pour trouver de l’aide, du soutien."

Concrètement, que peut-on trouver sur le site des éditions Erasme/Averbode ?

"Il y a une méthode mise en place, avec des outils pédagogiques, au départ à destination des enseignants, pour essayer de stimuler l’attention et le plaisir au travail des enfants. S’il trouve un intérêt, s’il perçoit du défi, il va être d’autant plus attentif et actif dans son apprentissage. On explique comment faire pour attirer l’attention, la stimulation du jeune. Par exemple en lui proposant d’entrer dans un rôle, comme celui du détective. Il y a aussi des conseils sur la planification du temps, comment arriver à un planning raisonnable et efficace. Ce sont les deux ressources principales du site internet. Avec l’assistance téléphonique, on peut balayer plus large."

Helpdesk : 081/20 86 80, le lundi (13h - 15h), le mardi (13h-15h) et le vendredi (10h-12h).