L'enquête menée par Ranstad en 2020 auprès de 12.700 travailleuses et travailleurs le confirme : les promotions en début de carrière sont clairement l'apanage des jeunes hommes. 25% des moins de 25 ans masculins dit avoir bénéficié d'une promotion dans les 5 ans contre 14% chez les moins de 25 ans féminines. Au-delà de cet âge, les hommes restent aussi davantage bénéficiaires de promotions que les femmes (33 contre 21%). Chez les haut diplômés, l’écart entre hommes et femmes n’est pas inférieur à celui constaté parmi les diplômés du secondaire et du primaire.

Une constatation que Randstad Research considère comme étonnante : "Ce fossé à un très jeune âge est d’autant plus frappant que l’âge moyen auquel les femmes quittent le foyer parental est de 24 ans et que l’âge moyen auquel elles ont leur premier enfant est de 29 ans. Ce n’est donc pas au moment où les tâches ménagères s’imposent et encore moins à l’arrivée des enfants que les femmes accusent du retard par rapport aux hommes.

Ce schéma s’observe déjà plus tôt dans la carrière". L'une des explications avancées par Sébastien Cosentino, porte-parole de la société d'intérim, réside dans l'anticipation des femmes, dès le début de leur carrière d'un futur rôle mêlant foyer et travail rémunéré. "Autre explication possible : les femmes continueraient à opter pour des professions dans des carrières plates. Le comportement de la direction peut également jouer un rôle. Enfin, la cause pourrait également être recherchée dans la sphère des investissements dans les réseaux et les aptitudes à la négociation", souligne-t-il.

Et comme les promotions se font majoritairement au sein de l'entreprise, "il ne reste qu’une solution : opérer d’abord un mouvement horizontal vers une autre entreprise, puis tenter de décrocher une promotion depuis cette nouvelle position", conclut le porte-parole.