Une plainte pour harcèlement

M. Ka. Publié le - Mis à jour le

Société Menaces verbales, chantage à l'emploi et licenciements abusifs

BRUXELLES Quand on se demande pourquoi personne n'a jamais osé rien dire sur les magouilles d'Anne-Marie Appelmans, la réponse fuse. «Mais parce que personne n'osait!» Bien qu'ayant été licenciée par la FGTB, Appelmans restait présidente, notamment de l'asbl Travail et Santé. «Elle était encore là la veille de son arrestation.» Et Appelmans faisait véritablement régner la terreur. «Menaces verbales, licenciement sec et abusif, elle ne reculait devant rien. Des gens ont fait et font encore des dépressions à cause d'elle. Des employés de l'asbl Ecosoc ont d'ailleurs déposé plainte en justice, il y a quelques mois, pour harcèlement moral à son encontre.»

La gestion d'Appelmans n'avait donc rien de vraiment social dans ses méthodes. Pour preuve, un jour les employés des différentes asbl ont voulu se fédérer et élire un délégué syndical. La réponse de la syndicaliste a été sans appel: «Je veux bien d'une délégation à la bonne franquette, pour rire, mais il est hors de question qu'il y ait un seul travailleur protégé chez moi! Les délégués sont des cons!» Et cela ne s'arrête pas là: «On bénéficie d'une assurance hospitalisation, mais Anne-Marie a fait supprimer la clause maternité pour éviter... que les femmes n'aient trop d'enfants.» Une mesure éminemment sociale...

Dans le genre, Appelmans pratiquait d'ailleurs un management à l'américaine basé sur le diviser pour mieux régner. «Elle ne voulait pas que les gens s'entendent trop et communiquent. Elle séparait ceux qui avaient l'air de bien s'entendre. Les équipes soudées, elle les éclatait. Elle avait toujours peur des liens qui pouvaient se tisser.»

Car Anne-Marie Appelmans semble être «une paranoïaque hystérique. Sous sa direction, les décisions étaient prises en dépit du bon sens». Et il en était de même pour les engagements, les déplacements de personnel et les licenciements. «Une secrétaire a été virée parce qu'elle n'arrosait pas les plantes.» Elle tenait vraiment son monde, et elle le tient d'ailleurs encore, par la peur. «Maintenant, il est vraiment temps qu'on passe à autre chose...», conclut l'un des travailleurs qu'Anne-Marie Appelmans est parvenue à dégoûter du militantisme syndical.

© La Dernière Heure 2003

M. Ka.