L’étude commandée par le ministre Hazette décrypte la situation en Communauté française

BRUXELLES “Dès mon entrée en fonction, j’ai été frappé par le fait qu’il n’existait aucune donnée fiable sur l’ampleur des phénomènes de violence en milieu scolaire.” L’enquête de victimisation dans les écoles secondaires de la Communauté française, rendue publique hier, a désormais le mérite d’exister, selon Pierre Hazette (PRL), ministre de l’enseignement secondaire en Communauté française.
C’est lui-même qui a commandé cette vaste étude aux Facultés de Psychologie et des Sciences de l’Éducation de l’Université Catholique de Louvain et de l’Université de Liège, une étude qui s’attache, disons-le clairement, à cerner de manière plus approfondie l’ampleur de la violence dans les établissements. Trente-huit écoles, de toutes les filières et de toutes les provinces, ont été visitées ainsi que les Centres d’Éducation et de Formation en Alternance (Cefa). 4.958 élèves de 1ere, 3e et 5e années d’étude et 1.514 membres du corps éducatif (profs, direction, éducateurs) ont répondu au questionnaire. Il leur était demandé de prendre en considération la période s’étalant de décembre 1999 à mai 2000 et les faits dans, sur le chemin et hors de l’école.
Même si la volonté du ministre était de tordre le coup à une surmédiatisation de certains actes, il n’en demeure pas moins que certains résultats interpellent (voir notre infographie). Ainsi découvre-t-on que 5,6% des 12-18 interrogés ont déjà été les victimes de coups à quatre reprises au moins. 6,3% l’auraient été à deux ou trois reprises, 14,2% à une seule. 74% d’ados auraient été épargnés. Le calcul est simple: sur une population totale de 350.000 élèves du secondaire, cela représente plus de 80.000 élèves.
Idem pour le racket pour lesquels 2.6% disent en avoir fait l’objet au moins une fois depuis l’année dernière, soit plus de 7.000 élèves. “En valeur absolue, cela ne représentante pas grand-chose, commente le ministre. Mais, en valeur relative, c’est bien évidemment très inquiétant.” Et bien qu’un gros pour cent avoue avoir été racketté à l’école à quatre occasions au cours des premiers mois de l’année, 95% notent n’en avoir jamais été victime. La présence des drogues au sein même de l’enceinte scolaire est abordée également. D’après l’enquête, plus de 16% de nos ados se sont vus proposer une substance illicite. Bien souvent par leurs condisciples.
Par rapport à l’ensemble de ces critères d’évaluation, les professeurs des Universités de Liège et de Louvain font remarquer que “les élèves ont tendance à surestimer la fréquence d’apparition des différents faits au sein de l’école en regard des actes qu’ils ont personnellement et réellement vécu.”

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