Deux nouvelles mises en examen dans le cadre du dossier Adidas - Tapie

AFFAIREFRANCE Les auditions se succèdent, les mises en examen aussi.

Le dossier de l’arbitrage dans l’affaire Tapie - Adidas - Crédit Lyonnais ne cesse de s’étoffer.

Après Christine Lagarde, patronne du FMI et ex-ministre de l’Économie et des Finances, en 2008, au moment de la prise de décision de l’arbitrage, placée sous statut de témoin assisté, après la mise en examen du juge Pierre Estoup pour “escroquerie en bande organisée”, deux nouveaux noms sont venus gonfler cette liste appelée à s’allonger, ceux de Stéphane Richard – actuel patron de France Télécom et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy – et Jean-François Rocchi, l’ancien patron du Consortium de réalisation (CDR), chargé de gérer la vente des actifs du Crédit Lyonnais en pleine déconfiture. Tous deux ont aussi été mis en examen pour “escroquerie en bande organisée”.

Dans la foulée de ces nouvelles mises en examen, le gouvernement français a laissé entendre qu’il avait “l’intention” d’intenter un recours en révision contre l’arbitrage dans l’affaire du Crédit Lyonnais. Pour rappel, cet arbitrage avait accordé, en juillet 2008, 403 millions d’euros à Bernard Tapie.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir à qui le tour ? Dans ce registre, le nom de Claude Guéant est le plus souvent cité. L’ex-secrétaire général de l’Élysée, considéré alors comme l’éminence grise du président Sarkozy, pourrait – devrait – être convoqué la semaine prochaine par la justice.

Objectif : mieux comprendre le rôle éventuel de l’Élysée… Ce qui, selon un proche de l’ex-président, rapporté par Europe 1, pourrait pousser Nicolas Sarkozy à sortir de sa réserve.

D’après Europe 1, l’affaire “obsède” Sarkozy qui est “ulcéré” que l’arbitrage soit contesté et qu’il soit, in fine, mis en cause. Nicolas Sarkozy aurait déjà préparé sa défense qui s’articule sur la thématique : “Je ne suis jamais intervenu.” Et l’ex-président de charger Claude Guéant qui lui aurait apporté cette solution clé en main, lui expliquant que ce litige entre Tapie et le Crédit Lyonnais avait déjà coûté 20 millions d’euros à l’État et que cette solution de l’arbitrage privé permettrait de clore l’histoire.

La même source, anonyme, explique encore que Nicolas Sarkozy dit avoir fait confiance à son conseiller et avoir choisi cette solution pour l’intérêt général.

H. Le.