BEUZET Hier matin, nous avons pu assister à l'un des entraînements donnés par Stany Ledieu aux cavaliers instructeurs de la police fédérale. Ce n'est que le deuxième cours mais déjà, on peut percevoir ce que cet art martial va apporter au travail des policiers. Jacques, Dirk, Kristin et Angélique sont là dans leur tenue d'entraînement et arborant le casque des cavaliers de la police fédérale. Ils tournent sur leurs chevaux pour les détendre, les mettre à l'aise. «Il faut d'abord mettre en confiance le cheval. Tous ne supportent pas la sangle et ses mouvements sur leur poitrine. Il faut donc travailler cela en premier. Ensuite, il faut que le cheval supporte de se retrouver avec le poids du cavalier sur l'un de ses flancs. Aucun cheval n'a cette habitude et il faut du temps pour qu'il s'y fasse. C'est à force de répéter les mouvements qu'on y arrive», explique Stany. Une chose est donc certaine, ce n'est pas avec les douze séances de formation que nos instructeurs seront parfaitement formés au bajutsu spécial police. Selon Stany, il faut environ six ans pour devenir un bon formateur de bajutsu.

Mais qu'à cela ne tienne, Jacques, qui était déjà là lors de la première journée de formation, explique ce que cela va changer dans son approche du métier: «Vous savez, avant, il suffisait de paraître avec une rangée de cavalerie botte à botte pour nettoyer une avenue, on n'aurait pas eu besoin du bajutsu. Aujourd'hui, le phénomène du hooliganisme a changé la donne. Les gens agissent en petits groupes et sont beaucoup plus agressifs qu'avant. Il faut donc s'adapter à ce type d'agissements. Avec le bajutsu, il est quasiment impossible de désarçonner un cavalier. Pour l'instant, on n'en sait pas encore beaucoup mais on sent déjà que cela donne beaucoup plus d'aisance en selle.» Si la police fédérale belge vient de s'y mettre, d'autres pays comme la France ont déjà adopté la méthode qui intéresse également l'Allemagne, le Québec, le Brésil et même les Etats-Unis.

© La Dernière Heure 2003