Chloë Moretz ne doit pourtant pas être prise au pied de la lettre. A la fin, “c’est moi qui dit la messe”

La jeune Chloë Moretz n’en est pas à son coup d’essai côté sang. Elle ne semble pas non plus s’émouvoir outre mesure des histoires gores ou étranges. Et de fait, elle a son idée sur la question.

Vous semblez être très versée dans le fantastique ?

“Je suis une inconditionnelle de films qui nous secouent de l’intérieur. J’adore lire ou voir, par exemple, des histoires où la psychologie est poussée à son paroxysme. À l’école, je me suis vachement penchée sur tout ce qui touche à la manière dont fonctionnent le cerveau et le système cognitif. J’ai même fait un exposé là dessus. Récemment j’ai essayé de comprendre comment fonctionnait le cerveau des serial killers et qu’elle était le modus operandi !”

Et vous avez découvert quoi, compris quoi ?

“Qu’il me restait encore pas mal d’années à travailler sur ce sujet ! (rires). J’adore tout ce qui touche aussi les histoires parlant du pouvoir de l’esprit sur la matière ! Ca me fascine. Généralement j’aime jouer des personnages qui sont tout mon contraire. Je ne suis pas une fille perturbée dans la vraie vie. Je ne suis pas non plus quelqu’un qui ne sociabilise pas ! Je suis une fille cool, ouverte sur les autres qui a plein d’amis et qui affiche toujours un large sourire !”

Comment utiliseriez-vous la télékinésie si vous étiez dotée d’un tel pouvoir ?

“Je m’en servirais pour des trucs pratiques. Un exemple, quand je suis fatiguée, j’ai la flemme de me lever pour éteindre la lumière. Ce qui enrage ma mère. Avec un tel pouvoir, il me suffirait de tourner les interrupteurs par la force de la pensée ! Idem avec la télé. Ce qui m’arrangerait car je perds souvent la télécommande ! Enfin si je pouvais nettoyer ma chambre sans lever mon petit doigt je ne dirais pas non !”

Quand ce n’est pas le cas, votre maman sévit !

“Yep ! Et la sanction est immédiate ! Je suis privée généralement de mon téléphone portable pendant une demi-journée et si je n’obtempère pas c’est toute la journée ! Et ça ! C’est l’horreur absolue !”

Votre personnage dans Dark Shadow était en rébellion constante avec sa mère incarnée par Michelle Pfeiffer. Vous remettez ça avec Julianne Moore dans Carrie. Pensez-vous que c’est le reflet d’une époque ?

“À 15 ans, nous avons tous un désir d’indépendance. Le souci de nous affranchir des contraintes que peuvent nous imposer nos parents ou le système. Je pense qu’aujourd’hui c’est probablement mieux accepté dans les familles qu’au XVIIIe siècle. En ce temps-là les enfants n’avaient pas le droit de moufter. Surtout les filles qui représentaient une minorité silencieuse ! Mes relations avec ma mère sont au beau fixe. Comme nous parlons beaucoup, nous désamorçons les bombes  !”

Depuis Hugo Cabaret, vous êtes devenue la coqueluche d’Hollywood. Comment faites-vous pour rester simple, accessible et ne pas vous faire “vampiriser” par Hollywood ?

“Je ne perçois pas Hollywood comme une menace ! Hollywood c’est pour moi quelque chose d’abstrait et tout ce qui est abstrait, on ne doit pas le prendre au sérieux. Je perçois les plateaux de cinéma non pas comme des lieux de travail mais comme des cours de récrés. La grosse différence, c’est qu’on nous paye pour nous amuser. Je n’exerce pas ce métier pour devenir riche ou célèbre mais parce que c’est ma passion. J’ajoute que je suis des cours avec un précepteur depuis que je suis toute petite et pourtant tous mes amis sont dans des écoles normales avec des profs normaux. C’est qui me permet, je pense, de garder les pieds sur terre  !”

Mais toutes les personnes de votre âge ne peuvent pas de vanter d’avoir été dirigée par Martine Scorsese ou d’avoir donné la réplique à Tim Burton.

“Encore une fois, c’est un jeu pour moi ! Une sorte de bal costumé permanent. Mon job, c’est d’investir différents personnages et de les rendre réels, crédibles. Ce n’est pas bien compliqué….”

Vous serez bientôt à l’affiche de Kickass 2. Quelques mots ?

“Là, pour le coup, c’est du grand écart artistique. Comparer Carrie avec Kickass 2, c’est un peu comme si vous compariez du noir et du blanc ! Dans Carrie j’avais les cheveux rouges à cause du sang que je me prenais plein la gueule. Dans Kickass 2, je suis à nouveau blonde et je manie des nunchucks ! Au départ, j’incarne toujours un outsider, la fille qui souffre et qui subit… mais après c’est moi qui dis la messe ! (rires)”

Frank Rousseau