La garantie d’emploi pour six ans, au moins, contre une flexibilité exceptionnelle

FOREST Quand on y pense, ce qui s’est passé à Forest est absolument miraculeux, mais, aussi, extrêmement encourageant pour ceux qui estiment qu’il n’y a plus d’avenir pour l’industrie automobile dans notre pays.

Souvenons-nous. Le 18 novembre 2006, c’est un véritable séisme qui s’abattait sur l’économie belge et, plus particulièrement bruxelloise. Volkswagen, le plus grand constructeur installé chez nous depuis 57 ans, décidait de quitter la Belgique.

Plus personne, à l’époque, n’aurait osé encore miser un euro sur la pérennité de l’usine de Forest. Et, pourtant, le 11 mai dernier, la première Audi A1 quittait les chaînes d’une usine entièrement refaite aux normes de la marque aux anneaux. Avec, évidemment, un personnel bien moindre (environ 2.000 personnes) que celui qui était occupé du temps de VW, mais qui doit servir d’exemple : la sécurité d’emploi est assurée pour, au moins, six ans (la durée de vie de la première génération de l’A1), en contrepartie d’un accord original et, surtout, très intelligent, sur la flexibilité du travail. Pour faire bref, ce système plus minus conto permet d’adapter le temps de travail à la demande de véhicules. Les ouvriers acceptent, ainsi, de travailler six jours par semaine en période de forte demande, et d’accumuler les congés dans le cas inverse.

Pour l’heure, et alors que la commercialisation de l’A1 ne commencera qu’en septembre, les carnets de commande sont bien remplis, et Audi a fait passer ses prévisions de vente annuelles de 80.000 à 100.000 pour l’A1.

La maison mère a investi la bagatelle de 300 millions d’euros puis encore 150 millions à Forest. L’usine belge se trouve, incontestablement, à la pointe de la technologie, et, d’ailleurs, la marque aux anneaux a mis le temps pour concevoir sa première A1 : près de quatre ans. Il faut dire que les objectifs d’Audi sont ambitieux : la marque premium du groupe Volkswagen va sortir douze nouveaux véhicules en deux ans, et veut augmenter ses ventes de 50 % d’ici 2015, pour atteindre alors 1,5 million de voitures produites annuellement, et s’emparer, ainsi, du leadership de segment premium.

Christian Hubert

L’usine bruxelloise d’Audi se situe à la pointe de la technologie.