La nouvelle guerre des boutons. On préférait l’ancienne…

CINÉMA RÉSUMÉ. En pleine occupation allemande, les rancœurs se transforment souvent en insultes sur la lâcheté. Lebrac, le chef des enfants de Longeverne en permanence en conflit avec ceux de Velrans, reproche ouvertement à son père de ne pas se battre. Une réflexion qu’entend aussi l’instituteur du village de la part de la femme qu’il aime et qui, elle, héberge une petite fille juive, Violette, en la faisant passer pour sa nièce. L’arrivée de cette dernière chamboule d’ailleurs le cœur de Lebrac.

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NOTRE AVIS . Alors que Yann Samuell avait misé sur l’esprit de l’enfance pour sa Guerre des boutons, sortie voici deux semaines, Christopher Barratier, lui, a déplacé l’intrigue du roman de Louis Pergaud en pleine Deuxième Guerre mondiale, histoire de dépasser le conflit entre villages pour opposer résistants et collabos. Résultat : c’est lourd, pompeux, emprunté. La fraîcheur de l’œuvre se perd dans une histoire d’amour ultra-prévisible ou des actes secrets d’héroïsme destinés à redorer des blasons salis de manière un peu trop flagrante dès le départ.

Même si les enfants sont étrangement écartés du centre de l’histoire, ce parti pris aurait pu séduire avec un travail plus soigné lors de l’écriture du script. Et, surtout, dans la description des protagonistes. Gérard Jugnot ou Kad Merad y auraient gagné en crédibilité. Laetitia Casta aussi, elle qui doit une nouvelle fois monter sur une bicyclette (bleue peut-être, mais ça ne nous a pas marqué) dans une séquence du plus haut ridicule. Bref, seul Guillaume Canet et les enfants, réellement épatants, s’en tirent avec les honneurs.

La mise en scène académique, les séquences trop symboliques, le manque d’émotion et l’enchaînement d’images léchées façon cartes postales renforcent en outre le côté artificiel des personnages et de l’ouvrage. Bref, cette deuxième version en 2 semaines de La guerre des boutons déçoit fortement.

Patrick Laurent

La nouvelle guerre des boutons

Drame

Réalisé par Christophe Barratier

Avec Laetitia Casta, Guillaume Canet, Gérard Jugnot, Kad Merad

Durée 1h40

Les jeunes comédiens sont réellement épatants. Ce n’est hélas pas le cas de l’ensemble des protagonistes. belga films