Les travailleurs d’ArcelorMittal veulent européaniser leur action

SOCIAL SERAING Vendredi à l’aube, une dizaine de cars attendra les travailleurs d’ArcelorMittal au centre acier de Flémalle. Une fois embarqués, ces derniers prendront la direction de plusieurs postes frontières belges.

Le but est de se rendre à Eynatten, Maastricht, Hensies et Sterpenich pour y bloquer les frontières. “Bloquer, c’est un bien grand mot”, explique David Camerini de la CSC. “Nous laisserons passer les voitures aux compte-gouttes et nous expliquerons aux automobilistes les raisons de notre action.”

C’est que pour le syndicaliste, les enjeux de ce qui se passe chez nous ne sont pas que liégeois. “C’est vrai, il faut que l’Europe réagisse. Si les politiques européens ne font rien, toute l’Europe deviendra un désert économique avec des drames sociaux partout. Notre objectif, c’est aussi de faire passer ce message.”

C’est d’ailleurs pour cela que les sidérurgistes liégeois ont invité les travailleurs de Caterpillar, de Ford Genk ou encore du site de Florange de se joindre à eux.

Pour permettre aux travailleurs liégeois de participer à cette action, un mot d’ordre de grève de 24 heures a été lancé. Il s’étend de jeudi 22 h à vendredi 22 h.

Plus près de chez nous , les syndicats se préparent également à participer à un conseil d’entreprise extraordinaire qui se tiendra vendredi et dont l’ordre du jour est la première phase de la procédure Renault concernant la fermeture des 7 lignes de la phase à froid.

On se souvient à cet égard que lors de la dernière réunion sur le sujet, les syndicats avaient quitté la salle. Ils estimaient en effet que continuer la procédure n’avait pas de sens, tant que l’on ne connaissait pas les conclusions ni des travaux de la Task-force wallonne, ni du plan acier concocté par les autorités européennes.

À première vue, les représentants syndicaux seront bel et bien présents et ne pratiqueront pas la politique de la chaise vide.

J.-M. C.

Le bassin sidérurgique liégeois sera à l’arrêt pour 24 h, histoire de permettre aux travailleurs de participer à l’opération frontières.Devoghel