BRUXELLES Tout est question de communication aujourd'hui! La très efficace campagne de presse orageuse menée contre l'eau Dasani outre-Manche et les explications maladroites de Coca-Cola ont amené le géant mondial des boissons gazeuses à retirer cette marque des rayons peu après son lancement le 1er février. De même, son arrivée en France et en Allemagne a-t-elle été postposée, alors qu'il s'agissait pourtant là de véritable eau de source en provenance de Chaudfontaine, marque belge dernièrement entrée dans le giron du limonadier américain.

Dans ce cas des fontaines à sodas, Coca-Cola confirme l'emploi d'eau de distribution. «Une partie de notre clientèle Horeca préfère notre système postmix, elle reçoit donc nos produits sous forme concentrée à laquelle il faut ajouter du CO 2 et de l'eau pour obtenir le produit final , explique Tom Delforge, porte-parole de Coca-Cola Belgique. Ces installations ne représentent toutefois que 7% de notre volume total. Pour la distribution d'eau gazeuse, une machine sur trois en fournit. Sur demande explicite du client car nous ne disposons pas d'eau gazeuse dans notre gamme de produits. C'est d'ailleurs une raison pour laquelle nous venons d'acquérir la marque Chaudfontaine.» Et le porte-parole d'expliquer que les distributeurs d'eau plate sont plus rares encore. «Cette étiquette eau minérale naturelle n'est pas à sa place. Il faudrait la remplacer par eau plate . Renseignements pris, ce Makro de Machelen a travaillé un temps avec un autre fournisseur avant de revenir chez nous. C'est ce dernier qui est responsable de l'étiquetage.»

L'occasion de revenir sur l'épisode Dasani. Nombre d'eaux vendues en bouteilles sont en fait des eaux traitées, c'est-à-dire de l'eau de distribution rendue potable selon les normes légales et à laquelle on apporte des modifications, notamment une purification. C'est le cas de la britannique ou américaine Dasani, mais c'est aussi le cas de l'eau gazeuse de marque BonAqua, produit de Coca-Cola, vendue en Belgique dans les distributeurs de canettes!

«Cette petite marque représente 0,3% du marché. Cette eau pétillante est en effet à base d'eau de distribution traitée, filtrée et modifiée. C'est d'ailleurs pour cela que nous l'appelons eau de table pétillante.»

Certes, le procédé est légal, mais il est tout de même un peu cavalier vis-à-vis du consommateur, généralement pas informé de ces subtilités d'appellations. Et l'eau du robinet, même purifiée et même vendue à 60 cents la canette, laisse tout de même un goût amer en bouche!

© La Dernière Heure 2004