Fast and Furious 6. Faire revenir des morts, opposer des voitures à un tank ou à un avion-cargo :  FF6 ne se refuse aucune fantaisie

FAST AND FURIOUS 6 En résumé. Dom et ses sbires coulent, chacun dans une zone hors extradition, des jours heureux, profitant du magot amassé à la fin de Fast And Furious 5. Jusqu’à ce que Hobbs, le superflic croisé dans l’opus précédent et interprété par Dwayne Johnson (aka The Rock) ne se pointe jusqu’à la cachette dorée de Toretto, avec une photo lourde de sens : on y voit Letty (Michelle Rodriguez), ex-grand amour du musculeux chauve, que lui et le public croyaient morte. Et tel un sapin sent-bon pendu au rétro, notre supercop va faire balancer devant la conscience de Dom un deal que, tel un Don, il ne pouvait pas refuser  : il lui promet de lui livrer Letty et l’amnistie pour lui et ses potes, si Dominic reprend du collier et aide Hobbs à coincer Shaw, le bad guy supratacticien de cette aventure, qui sème la pagaille aux quatre coins du monde…

((;;;

Notre avis. On ne peut accorder à un film qui se clôt sur un bénédicité remerciant le Seigneur “pour toutes ces bagnoles rapides” qu’une confiance limitée. Sachant cela, et acceptant le fait que la saga Fast and Furious s’est bien éloignée des rodéos locaux et sympathiques du premier opus d’il y a douze ans, pour se donner des airs gravissimes et grandiloquents, on plongera, ou pas, sous le capot de cette sixième aventure.

Soyons juste : c’est un film d’action, mû par l’imprenable équation lolos/boumboum/vroum-vroum. Et en ce sens, ceux qui attendent du blockbuster adrénalinien, sans en espérer le moindre soupçon de subtilité, trouveront leur compte : il y a du triceps saillant, du NOS, de la gomme brûlée, du bourre-pif à gogo, du décolleté fuchsia, de la Muscle Car qui démarre en wheeling, de la cascade qui ne flirte pas avec le ridicule, mais le prend carrément en levrette.

Il y a aussi le cast quasi intégral qui a façonné la saga, avec le retour de la pourtant décédée (croyait-on…) Michelle Rodriguez, toujours aussi badass, et que le réalisateur Justin Lin, à la demande des fans, est parvenu à ressusciter avec une pirouette des plus alambiquées.

Le cadre d’action, essentiellement londonien, n’est qu’un prétexte pour déployer des scènes pachydermiques, où la famille de Toretto se frotte tantôt à un tank sur une deux-voies, tantôt à un avion de transport militaire en plein décollage. L’humour servi par le tandem musical T. I./Ludacris permet quelques respirations dans ce film où les pétarades nourriront pleinement les caissons de basse, moins les amateurs d’un cinéma plus subtil.

Fast and Furious 6 remplit donc bien son cahier des charges, à savoir nous coller au fond du siège, mettre nos neurones sur off, nous faire rire (parfois à l’insu de son plein gré) et éviter la dentelle tout en donnant à sa base de fans l’envie d’y revenir. Avec Jason Statham en bad guy dans le septième volet, attendu summer 2014, pas de doute, les V8 n’ont pas fini de claquer.

Alexis Carantonis

Fast and Furious 6

Action

Réalisé par Justin Lin

Avec Vin Diesel, Paul Walker, Michelle Rodriguez, T. I., Ludacris, Dwayne Johnson…