Daniel, taximan de nuit à Bruxelles, a vécu deux braquages à l’arme à feu

INSÉCURITÉBRUXELLES Pour Daniel, c’est la fois de trop. Taximan de nuit, il a été agressé deux fois par des braqueurs armés d’un revolver en quatre mois à peine.

Un jeudi soir de décembre 2012, “j’étais garé sur le boulevard Anspach, devant le casino, se souvient-il. Des jeunes, âgés de 20 à 30 ans m’ont demandé d’aller au bois de la Cambre. Initialement, j’ai pensé qu’ils allaient aux Jeux D’hiver.” Car les jeunes ne lui ont pas dit où ils désiraient se rendre. “Vous allez à la discothèque  ?”, tente Daniel en chemin.

“Non”, répond un des passagers, “arrêtez-vous là”. Une fois le groupe isolé des regards, en plein bois et de nuit, “un des hommes m’a serré à la gorge avec une ceinture. Puis un autre a sorti un flingue et m’a demandé la caisse des recettes”.

“Il était très excité, se souvient le conducteur du taxi. Je lui ai dit de prendre l’argent. Ils ont aussi pris la clé de la voiture puis ils ont pris la fuite à pied dans les bois.” Alors qu’il coopérait, Daniel a cependant été frappé au visage avec la crosse du pistolet.

“Je saignais des lèvres, mais ce n’était pas grave. Je me disais qu’il n’y avait rien à faire.” Ce n’est que l’appel fortuit d’un ami 3 minutes après les faits qui lui fait prendre conscience de son statut de victime. Et de son rôle pour retrouver les braqueurs. Il décide enfin d’appeler les forces de l’ordre.

“La police a fouillé les bois, je ne sais pas s’ils les ont trouvés.” Un expert du parquet et le laboratoire de la police fédérale sont arrivés peu après. Ensuite, direction le commissariat central, rue du Marché au Charbon, “de 2 à 6h du matin”.

Quelques mois plus tard, à la mi-mai, Daniel prend en charge 4 mineurs à la station de Brouckère. En trainings et capuches, ils demandent à être conduits rue de la Borne, à Molenbeek-Saint-Jean. “C’est un sens unique bien caché près de la chaussée de Gan”, analyse Daniel a posteriori. J’ai bien vu qu’ils ne savaient pas où ils allaient, mais ils avaient l’air sympas, on a discuté de voitures.”

Comme dans l’autre scénario, les jeunes demandent à s’arrêter puis lancent à Daniel : “C’est un hold-up ! Donne l’argent  !” Un revolver complète l’argument. Éblouis par sa chaîne en or et son téléphone, ils les emportent ainsi qu’une mallette, “parce qu’ils pensaient qu’il y avait un ordinateur portable à l’intérieur”.

Ils oublient même de prendre la recette en prenant la fuite. “Cette fois, je ne suis pas allé porter plainte à la police, je préfère continuer à travailler. Mais maintenant, j’ouvre les yeux.”

Raphaël Cayrol