Moonrise kingdom. Une comédie tantôt savoureuse, tantôt pataude

COMÉDIE CANNES RÉSUMÉ. Dans une île des États-Unis à peine plus grande qu’un mouchoir de poche, au cours de l’été 1965, le petit Sam, 12 ans, démissionne de son escadre de scouts et s’évapore dans la nature. Au grand soulagement des autres scouts, qui n’aimaient pas ce binoclard bizarre, mais pas de son chef de troupe, le peu subtil Ward. À l’autre bout de l’île, une gamine un tantinet bizarre disparaît elle aussi. Le peu subtil capitaine Sharp va mener une enquête d’autant plus difficile… qu’il est l’amant de la maman de la fillette.

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NOTRE AVIS. Capable du meilleur (La famille Tannenbaum, Le fantastique Mr. Fox) comme du pire (La vie aquatique), Wes Anderson reste dans son registre de prédilection, la comédie absurde plus centrée sur les personnalités savoureuses de ses personnages que sur une intrigue réellement bien ficelée. Cela débouche sur des moments de grâce, notamment lorsque les deux enfants, follement épris l’un de l’autre, s’éveillent aux sentiments et à un début de sexualité. Tout en parodiant lamentablement les adultes. Ou lorsque le shérif Bruce Willis, véritable raté au grand cœur, tente de donner des leçons à des mouflets plus malins que lui. Des scènes délicieusement ridicules et pourtant parfaitement cohérentes dans l’esprit de l’enfance.

Hélas, ces moments magiques se perdent parfois dans des redites inutiles, des caricatures sans saveur, des retournements de situation inexpliqués et la lenteur parfois insupportable de l’évolution de l’action. Pour sa fraîcheur, son charme, son ton décalé et le jeu de jeunes comédiens (Jared Gilman et Kara Hayward), on aimerait adorer Moonrise kingdom. Mais ce n’est pas le cas, à cause des trop nombreux temps morts et d’un manque global de folie.

P.L.

Moonrise kingdom

Comédie

Réalisé par Wes Anderson

Avec Bruce Willis, Edward Norton, Frances McDormand, Bill Murray

Durée 1h34