Climat politique toujours agité à Péruwelz

PÉRUWELZ Nous débutons aujourd'hui notre analyse de la situation politique, sociale et économique des villes de Péruwelz et de Lessines, qui connaissent depuis longtemps des soubresauts sans pouvoir relever la tête. La vie politique, à Péruwelz, a toujours été un long fleuve agité!

La fusion des communes actée, un premier bouleversement s'opère. Le PSB, majoritaire à Péruwelz depuis plus de 30 ans, tombe de son strapontin. Une alliance d'intérêts communaux (PLP-PSC) RW s'impose. A l'époque déjà, la majorité ne possède qu'une maigre longueur d'avance.

En 1984, c'est André Lamblin, un libéral, qui prend en mains les destinées de la ville en remplacement d'Eugène Sarot. Il faudra attendre 1988 pour voir le PS revenir aux affaires. Roger Henneuse mène la troupe. Mais là encore, la majorité peut vaciller à tout moment. Deux chiffres reviendront souvent sur le tapis à Péruwelz. Le 13 d'abord, à savoir le nombre des membres de la majorité au conseil communal, suivi du 12, qui constitue le nombre des opposants. Des querelles internes au sein du PS sont sans doute à l'origine de la défaite de 1994. Une nouvelle coalition PRL-PSC arrive alors au pouvoir. Claudy Huart devient bourgmestre mais ce sont surtout Philippe Taeke (PSC à l'époque) et Jean-Pierre Cuignet qui se font entendre. En fin de législature, la coalition semble au bout du rouleau. Le PSC s'étiole. Le PRL se verrait bien au pouvoir avec le PS. Un parti socialiste qui, emmené par Jacques Devaux, chef de file de l'opposition entre 1994 et 2000, a retrouvé de son allant et se positionne comme le grand favori des élections.

La polémique d'octobre 2000

En attendant, Péruwelz n'a plus trouvé depuis longtemps d'homme providentiel, capable à lui seul de tirer tout un groupe et de focaliser les attentions du pouvoir supérieur. Début du 20e siècle, un Edouard Simon, personnage illustre, pouvait par exemple attirer les investisseurs. Tout profit pour l'économie locale. Un dossier comme le contournement, vieux de 30 ans, a-t-il la chance d'aboutir un jour dans sa totalité? Avec une grosse machine électorale, Péruwelz aurait pu voir ses grands dossiers connaître des développements plus rapides.

Roger Henneuse, ancien sénateur de 1987 à 1995, aurait-il pu être cet homme capable de rassembler? Beaucoup, dont les socialistes évidemment, le pensent. Certains jugent aussi qu'une collaboration entre Henneuse et Lamblin aurait été bénéfique. Mais on ne refait pas l'histoire. La solution? En 2000, nombreux étaient ceux qui souhaitaient voir arriver une majorité forte, susceptible de mener à bien des projets mais aussi et surtout à même de faire jouer des relais pour obtenir subsides et autres aides. Le PS et le PRL discutent. L'accord pré-électoral existe. Mais les résultats changent la donne. Quelques mois à peine avant les élections, Paul De Bom, déjà échevin par le passé, sort de son chapeau une liste rassemblant des personnalités d'obédiences diverses (catholiques, libéraux), et notamment André Lamblin. Coup gagnant. Le PS récolte 11 sièges. Il perd son 12e au profit d'Ecolo. Les AC (Alternative citoyenne) obtiennent 7 sièges pour 6 au PRL (il faut désormais parler du MR). Pendant plusieurs jours, et en dépit de l'accord PS-MR pourtant confirmé au soir des élections, les tractations vont bon train. Moins d'une semaine après les élections, la nouvelle tombe. Le PS s'allie avec AC. Le MR crie à l'injustice et se retrouve dans l'opposition.

© La Dernière Heure 2003