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la formation touchée

par l'affaire de dopage sont arrêtées: elle ne sera pas à Paris- Roubaix

COMPIÈGNE La société française Cofidis a décidé hier soir de suspendre à compter de ce jour et pour une durée indéterminée l'activité de son équipe, qui fait l'objet d'une enquête sur un trafic présumé de produits dopants.

«Face à la gravité des récentes allégations, la société Cofidis a décidé de se donner le temps et les moyens d'y voir clair. Par conséquent, à compter de ce jour, et pour le temps qui lui sera nécessaire, elle ne présentera plus d'équipes au départ des courses», a annoncé un communiqué du groupe français publié hier soir.

De larges extraits des procès-verbaux de l'enquête ont été publiés vendredi dans le quotidien L'Equipe au sujet de cette enquête dans laquelle huit personnes ont déjà été mises en examen. Le médecin de l'équipe, Jean-Jacques Menuet, et d'autres personnes de l'encadrement du groupe sont en effet mis en cause dans les procès-verbaux d'audition de l'enquête sur cette affaire. Le Dr Menuet a été directement accusé par Philippe Gaumont, mis en examen et licencié entre-temps par son équipe.

Les cadres de l'équipe accusés

»La politique de Menuet, c'est de ne jamais prescrire un produit illicite, de ne jamais amener un produit interdit, mais si vous lui amenez ces mêmes produits, non seulement il vous renseigne mais, en plus, il est susceptible de vous les administrer», a déclaré Gaumont, exemple à l'appui.

Le Dr Menuet, qui est aussi le médecin d'un groupe d'athlétisme dont font partie les championnes du monde de relais 4x100 m Christine Arron et Muriel Hurtis, a déclaré au quotidien qu'il respectait le cadre de l'instruction et ne souhaitait pas s'exprimer. Le témoignage de Gaumont jette également une ombre sur David Millar, champion du monde du contre-la-montre et vainqueur du contre-la-montre de Nantes dans le Tour de France 2003.

Gaumont a raconté notamment que Millar aurait demandé à ce que le Dr Menuet donne à deux coureurs (Gaumont et Vasseur) »les restes de la préparation qu'il (Millar) avait prise le matin même avec Lelli, avant le chrono. Menuet nous a injecté à chacun une seringue d'un liquide limpide», a-t-il ajouté.

Le manageur général de l'équipe Alain Bondue et le directeur sportif adjoint Alain Deloeil ont été également accusés pour des faits (transport de produits interdits) remontant à 1998. Tous deux ont nié formellement auprès du journal.

»Les quelque 3000 pages de l'instruction sont accablantes pour l'équipe dirigée par François Migraine car il apparaît que les personnes mises en cause dans les interrogatoires dépassent largement le nombre des mis en examen à ce jour (huit), estime L'Equipe. Cédric Vasseur, mis en examen après une analyse capillaire qui présentait des traces de cocaïne se voit également reprocher par Gaumont de s'être appliqué des patchs sur le ventre lors du dernier stage de l'équipe, en janvier. Vasseur aurait admis lors de son audition avoir donné de l'Actovegin (produit désormais interdit) à Gaumont après s'en être procuré depuis trois ans, en Allemagne et sans ordonnance. Dans ses dépositions, Gaumont cite aussi deux coureurs déjà mis en examen, Médéric Clain et Robert Sassone. L'existence d'un petit trafic, d'échange et vente de produits dopants (EPO, hormones de croissance) se confirme à travers les déclarations du directeur sportif de l'équipe Oktos, le Kazakh Oleg Kozlitine, mis en examen lui aussi.

© Les Sports 2004