Spahis, zouaves et autres chasseurs d'Afrique à la maison du Tourisme

NIVELLES «Pourquoi collectionner les uniformes français? C'est simple, j'aime la France, répond Jean-Pierre Vinclaire. J'aime les Français et le soldat français qui est l'émanation de sa nation. N'a-t-on pas dit que tout homme a deux patries, la sienne et puis la France?»

Mais elle n'est pas que Bleu, blanc, rouge, l'expo actuellement ouverte à la maison du Tourisme de la rue de Saintes, anciennement maison des Frères. Parce que les uniformes de la superbe collection de Jean-Pierre Vinclaire datent de la première guerre mondiale, et qu'il s'est spécialisé dans l'armée française d'Afrique. À l'époque, la France, c'était aussi l'Algérie, la Tunisie, le Maroc, le Sénégal, le Tchad, le Congo, Madagascar, Pondichéry et une partie de l'Inde

Et ce sont ces soldats qui sont venus combattre sur le sol belge, où ils sont morts par centaines. Pour le collectionneur, l'intérêt tient aussi à l'incroyable diversité des costumes, leur caractère insolite même pour certains combattants. Le passionné aclot reconnaît d'ailleurs que loin de constituer un camouflage, certaines pièces de vêtements n'étaient pas seulement un fardeau, mais transformaient celui qui le portait en cible.

«Aucun soldat actuel n'accepterait de marcher 20 km ainsi harnachés», souligne Jean-Pierre Vinclaire, qui en profite pour rappeler le courage de ces combattants qui ont subi de gros revers chez nous dès le début de la guerre à Charleroi, dans les bois de Rossignol ou encore dans les environs de Neufchâteau. Et pourtant, en pleine retraite, ils ont marqué une pause et sont repartis à l'attaque, ce qu'aucun stratège adverse n'aurait pu prévoir.

«On les retrouve fin 1914 dans la boue de l'Yser et l'enfer des Flandres, en 1915 en Champagne, sur la Somme en 1916, à Verdun pour la conquête du fort de Douaumont notamment, en 1917 au chemin des Dames où ce sera le massacre», continue Jean-Pierre Vinclaire, qui rassemble les uniformes, les armes et les accessoires de ces soldats depuis une quarantaine d'années.

L'exposition, mise sur pied grâce à la confrérie de la tarte al djote, est gratuite. Elle est ouverte jusqu'au 19 novembre, en semaine, de 10 h à 17 h. Une plaquette comprenant des explications fouillées et des photos en couleurs a été réalisée pour l'occasion.

© La Dernière Heure 2004