18 mois

de prison

pour un couple d'Angolais

VERVIERS Un certain Narcisse Mandela a comparu devant le tribunal correctionnel pour avoir fait une fausse déclaration au CPAS de Verviers. Il avait déclaré en janvier 95 se séparer de sa femme Pierrette. Or jamais les travailleurs sociaux du CPAS n'ont pu le trouver à l'adresse indiquée. Les gendarmes ont visité la maison, ils se sont arrêtés à la cuisine où ils ont trouvé du chocolat moisi. Ils en ont conclu que je ne vivais pas là, disait-il. Mais le rapport des gendarmes est plus explicite: il n'y avait quasi rien dans l'appartement qu'ils décrivent comme inhabitable et invivable. Le frigo était vide, il n'y avait pas d'électricité, ni d'aliments, quasiment pas de meubles. Lors d'une enquête de voisinage dans le quartier de sa femme, un voisin qui le connaissait par son nom déclare qu'il habite là et on a repéré sa voiture à plus d'une reprise. Un jour, ils ont sonné et c'est Mandela lui-même qui est venu ouvrir, le visage fripé, en disant qu'il venait de se lever!

Le ministère public, qui réclamait 18 mois de prison pour Narcisse et sa femme, en déduisait qu'il avait escroqué le CPAS pendant plus de deux ans. Un coup décrit par un fonctionnaire du CPAS comme classique: Un couple avec deux enfants déclare se séparer, chacun prenant un enfant. Du coup, les allocations passaient du simple au double!

Pour Me Wynants la prévention est d'avoir fait une fausse déclaration de séparation. Le fait qu'on ne le trouve pas rue Fonds de Loup ne signifie pas qu'il cohabite avec son épouse. Les autres indices sont bien minces et ne prouvent pas une cohabitation réelle, plaidait l'avocat qui réclamait son acquittement. Quant à Me Henry, qui défendait Pierrette, il estimait qu'elle n'avait rien à voir avec ça car si fausse déclaration il y avait, c'est Narcisse qui l'avait faite et pas elle!

Mais le tribunal n'a pas suivi les arguments de défense, et les a déclarés coupables tous les deux, avec à la clef 18 mois de prison, mais cette fois avec sursis.