Pour le Bureau d'éthique, le président du CPAS a seulement été maladroit

CHARLEROI Le Bureau d'éthique, mis en place par la nouvelle majorité, a rempli son office à propos de cette curieuse affaire de véhicule en fin de course dont Bernard Dallons, le président du CPAS, a fait profiter son beau-frère, au moment où cette voiture de fonction arrivait au terme de son leasing.

Son intervention ? Avoir dit à la firme que son beau-frère était intéressé. C'est tout, c'est peu et c'est bête. Bien sûr, avait-il argumenté, il n'y a rien gagné, et le CPAS n'y a rien perdu. Mais bon, ainsi refilée en forme de délit d'initié, la vente avait quelques allures de favoritisme que le Bureau n'a pas admises. "Dallons a joué un rôle qui n'était pas le sien", dit le Bureau et cela "avait une apparence de conflit d'intérêts, de népotisme et de favoritisme."

Grands seigneurs , les membres du Bureau mettent cependant tout cela sur le compte d'un "défaut de connaissance", considérant qu'il ne s'est pas agi d'une faute proprement dite.

Pas de quoi, donc, pousser Bernard Dallons vers la démission. On laisse le couvercle sur la marmite et le PS de Charleroi, tout comme la ville, n'a pas les moyens de s'offrir le luxe d'une nouvelle secousse interne, survenant après toutes les autres.

Il n'empêche : Bernard Dallons a eu peur et avec lui tout le PS. On dit, en termes polis, qu'il a été plus sot que vraiment intéressé. Il conservera donc son poste, le Bureau d'éthique lui a tiré les oreilles et Paul Ficheroulle, chef de file PS, peut gérer en paix.

Il n'empêche que la question reste posée : peut-on être sot et gestionnaire, à un tel niveau de compétence supposée ? L'interrogation n'est pas politique, elle est morale. Bêtement morale.

Philippe Mac Kay