Charleroi a décidé d’acquérir cette technologie pour sécuriser à distance des quartiers stratégiques

POLICECHARLEROI Vous connaissiez déjà les haut-parleurs équipant les voitures d’intervention de la police ? Vous allez bientôt découvrir les caméras interactives et sonorisées.

Le conseil de zone a en effet décidé d’acquérir cette technologie pour sécuriser des quartiers à distance. Comme les caméras ordinaires, celles-là filment en permanence des images retransmises en temps réel dans un poste de contrôle où du personnel les analyse et peut ordonner une intervention.

La différence, c’est que la technologie de sonorisation permet aux policiers d’interagir à la seconde par micro. En cas de délit ou d’incivilité, ils peuvent rappeler l’auteur à l’ordre ou lui lancer des injonctions. “Monsieur, voulez-vous bien ramasser la cannette à boisson qu’on vient de vous voir jeter dans la rigole pour la mettre dans une poubelle ?”

Ou bien, lors d’un vol dans voiture : “Vous êtes repéré, une équipe est en route.”

L’objectif, c’est d’accentuer la prévention et de combattre le sentiment d’insécurité, paradoxalement sans renforcer la visibilité ni la présence du bleu en rue. Dépôts clandestins d’immondices, stationnement dangereux, détérioration du bien public ou privé sont autant de cas de figure dans lesquels le système pourra se révéler utile.

Ce qui semblait utopique dans les romans d’anticipation de George Orwell se prépare à prendre forme dans la première métropole wallonne. Charleroi sera en effet la première ville belge à l’expérimenter. En Angleterre, cette technologie a fait la preuve de son efficacité.

Néanmoins, il n’est pas question de déployer dans la ville un réseau de caméras de cette nouvelle génération, en tout cas pas tout de suite. La police veut se donner le temps d’en évaluer l’impact.

C’est dans le périmètre de l’intra-ring de la ville haute qu’une poignée de modèles seront placés. Si les lieux d’installation ne sont pas encore définis, la ville évoque des quartiers stratégiques comme celui du Monument, où le collège communal vient de charger le service des espaces verts de déplacer les bacs à fleurs et les chaînes pour y empêcher le regroupement de personnes (sic). Voire les places du Manège et Charles II où la police devra cette fois veiller à penser à demander un permis pour fixer des caméras sur la façade de l’hôtel de ville classé.

Qu’en pense le bourgmestre et président de la zone Paul Magnette (PS) ? À ce stade, c’est le silence radio. On aimerait pourtant avoir le son…

D. A.