La ferme Gilot fournit 4 à 5.000 tonnes de pomme de terre par an à une usine qui les transforme en frites

ALIMENTATIONWATERLOO “J’ai 62 ans et c’est la première fois que je vais au McDonald’s. Je ne sais même pas ce qu’on peut manger ici…” lance Daniel Gilot, avant de demander à ses petits-fils ce qu’ils vont manger.

Si cet agriculteur brainois a poussé la porte du McDo de Waterloo pour la première fois, samedi midi, c’est parce que celui qui cultive notamment des terres aux abords du lion de Waterloo est l’un des fournisseurs de pommes de terre de Lamb Weston, la firme qui se charge de laver les pommes de terre, de les éplucher, les couper, afin de les transformer en frites qui sont ensuite cuites dans de l’huile végétale avant d’être congelées.

Des frites qui sont ensuite transportées jusqu’aux McDonald’s belges.

Difficile de savoir néanmoins si les frites consommées par la famille samedi midi sont bien issues des champs brainois. “30 % des pommes de terre que nous transformons viennent de Belgique, précise Albert Klinkhamer, ATCQ Manager McDonald’s chez Lamb Weston, chargé des contrôles qualité.

L’usine basée aux Pays-Bas reçoit aussi des pommes de terre des Pays-bas, d’Allemagne et du Nord de la France. Et elle produit un million de tonnes de produits finis par an, mais pas uniquement pour McDonald’s.”

Pour les agriculteurs, les quantités sont évidemment moindres, mais tout de même impressionnantes. “Nous cultivons des Innovator, à la demande de Lamb Weston, indique Daniel Gilot qui est lié à la société par des contrats de trois ans. Ce sont des pommes de terre qui ont une chair blanche et une consistance particulière et une longueur qui convient aux frites. Et nous en fournissons de 4 à 5000 tonnes par an.”

En plus de cultiver les pommes de terre, les agriculteurs cultivent également des betteraves et des céréales. “Et pour le moment, on se contente de voir nos pommes de terre chez Mac Do, concluent Sabine et Isabelle Gilot.

Certaines personnes, notamment des personnes âgées viennent encore à la ferme Gilot, chercher des pommes de terre, mais c’est assez rare, car elles sont conditionnées par 25 kilos et ne sont pas lavées. Ce qui n’intéresse pas les particuliers, ni la grande distribution. On peut d’ailleurs s’en rendre compte ici pour les fruits : laver, conditionner et emballer, c’est un boulot à part entière, nous n’avons pas les infrastructures pour cela. Sans compter qu’à la ferme, nous n’avons pas une personne dédiée à la vente.”

Laurence Dumonceau