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Le leader du marché, Renault, a radié 19 % d’immatriculations 2010

BRUXELLES Combien a-t-on vendu de voitures neuves en Belgique en 2010 ? On en a beaucoup parlé, puisqu’il s’agissait d’un record : 547347. C’est le chiffre officiel des immatriculations, publié par la Fébiac. Mais les immatriculations sont-elles pour autant des ventes ? Pas toutes, et cela crée la polémique.

Il faut savoir que la Belgique a une particularité : contrairement à ce qui se passe ailleurs, l’immatriculation ne suit pas la voiture, mais bien son propriétaire. En d’autres termes, quand vous changez de voiture, vous conservez la même plaque; et, par conséquent, quand la voiture change de propriétaire, elle change d’immatriculation. Ailleurs, en France, par exemple, on achète une voiture avec ses plaques d’immatriculation.

Cette spécificité amène des situations bizarres. Ainsi, quasiment toutes les marques, mais dans des proportions très variables, désimmatriculent rapidement une voiture qu’ils viennent d’immatriculer comme voiture neuve. Souvent le jour même, avec zéro kilomètre ! Elles partent souvent à l’étranger, ou sont vendues comme occasion. Il faut savoir qu’endéans le mois, la taxe de mise en circulation est remboursée intégralement, et au proprata endéans les six premiers mois.

La Fébiac a publié , pour l’an dernier, la liste des désimmatriculations immédiates. Elles représentent 3,7 %, ce qui réduit le nombre à 527331 ventes.

Selon ce calcul, Renault, qui a procédé à… 19,4 % de radiations, passe de la première à la quatrième place ! La lutte pour le leadership n’est pas anodine, et les importateurs aiment pouvoir annoncer à la maison mère qu’ils sont leaders. Montrée du doigt à cet égard, la direction de Renault Belgique avance une explication : “Contrairement à notre principal concurrent, nous n’avions pas encore une gamme Euro5 complète. Or, en 2011, la législation européenne n’autorise plus que 10 % du parc en norme Euro4. Nous sommes en phase de renouvellement des moteurs. De plus, notre proximité géographique avec la France fait qu’un nombre non négligeable de voitures fait l’objet d’un trafic frontalier”.

La stratégie est-elle différente chez D’Ieteren qui, selon ce calcul, prend la première place avec Volkswagen ? “Oui, explique Jean-Marc Ponteville, le responsable de la communication, dans la mesure où nous sommes un importateur privé. Cela signifie que toutes les voitures qui sont chez nous ont été achetées et payées.”

Si on effectue le calcul des désimmatriculations sur trois et six mois, les chiffres réels des ventes plongent encore bien davantage. Mais, selon la Febiac, il ne s’agit pas là nécessairement d’une stratégie de marketing. Les locations à court terme, notamment pendant les vacances, les voitures de démonstration, sans parler des accidentées gonflent spectaculairement le nombre de taxes de mise en circulation qui ne sont pas payées ou seulement très partiellement.

Christian Hubert