Les vins rosés sont très appréciés lorsque le thermomètre grimpe

Alors que le soleil illumine enfin notre plat pays, nous plaçons une fois de plus les rosés sous les feux de la rampe. Mais, au fait, savez-vous comment sont élaborés ces vins saisonniers ? Et n’y a-t-il qu’un seul type de vin rosé ?

Les vins rosés sont souvent très appréciés lorsque le thermomètre grimpe. Normal, les qualités principales de ces vins tournent autour de la notion de fraîcheur.

Tout d’abord, fraîcheur des arômes : petits fruits rouges du type groseille, framboise ou bonbon acidulé. Ensuite, fraîcheur de la température : il faut impérativement les rafraîchir à l’aide d’un seau d’eau abondamment garni de glaçons, afin de les servir vers 7 à 8°C.

À ces températures, le caractère fruité prédominera sur le côté chaleureux de l’alcool.

L’élaboration des vins rosés peut s’effectuer selon trois modes opératoires distincts. Premièrement, le mélange d’un vin blanc et d’un vin rouge. En France, ce processus n’est autorisé que dans une seule région : la Champagne !

En effet, les fameux Champagnes rosés, si charmeurs dans les flûtes, sont généralement obtenus par ajout d’un peu de vin rouge (à base de Pinot Noir ou de Pinot Meunier), au vin de base tranquille blanc (à base de Chardonnay, Pinot Noir ou Pinot Meunier), le mélange va alors subir la méthode champenoise de refermentation en bouteille, qui va lui conférer son caractère pétillant.

Ce n’est toutefois pas le cas du Champagne Louis Roederer rosé, élaboré comme un rosé de saignée (voir ci-après). Deuxième méthode : la vinification en blanc d’une vendange de raisins noirs : on va donc traiter les raisins rouges comme s’ils étaient blancs ! On effectue généralement un pressurage direct de ces raisins rouges mais en ne prenant pas trop de précautions quant au contact entre les peaux colorantes et le jus.

La vinification suit alors le schéma classique des vins blancs, avec basse température de fermentation et mesures drastiques contre l’oxydation. Il s’en suivra une très légère coloration rose.

Ces vins sont aussi connus sous le vocable de vins gris. Ils ont une structure tannique insignifiante et ont des caractères organoleptiques très proches des vins blancs. la vinification “écourtée” en rouge d’une vendange de raisins rouges : ici, on procède comme pour un vin rouge classique, mais lors de la phase de macération des peaux et jus en cuve, on ne les laissera en contact que 24 à 48 heures. On procédera alors à un écoulage des jus ainsi plus ou moins colorés selon les cépages utilisés.

Ces rosés sont dès lors souvent appelés rosés de saignée. Ils ont plus de couleur que par l’autre méthode et se rapprochent, gustativement parlant, des vins rouges. Cette tendance s’est d’ailleurs accentuée à Bordeaux ces dernières années avec l’apparition des Clairet.

Enfin, il existe aussi de véritables grands crus en vins rosés. Des vins de gastronomie, des vins de garde qui pourront encore révéler tous leurs arômes dans cinq dix ou même quinza ans. C’est le cas, entre autres du Château Fontcreuse élaboré à Cassis et surtout du Château Simone, grand cru de Provence élaboré à Palette, la plus petite appellation de France.

Quelques petits conseils de dégustation pour finir : tout d’abord, essayez de consommer rapidement les vins rosés : ils supportent mal le vieillissement et s’oxydent vite. À table, privilégiez les gris sur les poissons grillés ou les coquillages. Les rosés de saignée seront de meilleurs compagnons de vos barbecues carnés ! Le rosé est donc le vin d’été par excellence, mais attention son caractère léger et fruité peut cacher le fait que cela reste du vin… et donc qu’il contient aussi de l’alcool !

À consommer avec modération, même si ce n’est pas facile…