Libération s'étonne que le Belge Roger Geens ne soit pas inquiété dans le scandale des vins. Les Belges parlent de complot

BRUXELLES Dans deux mois, le juge français de Bordeaux, Alain Godino, soufflera les cinq bougies d'un dossier immobile, le scandale ou prétendu scandale des vins exportés pendant 20 ans en Belgique par la société belge Geens-Benelux, au total de 3 à 5 millions de bouteilles écoulées en grandes surfaces.

Hier, le quotidien Libération s'étonne que l'homme clé, l'homme d'affaires belge de 69 ans établi à Monaco, Roger Geens, qui avait été convoqué par la justice en novembre 2003 et n'a jamais daigné se déplacer, n'ait plus jamais été inquiété.

Depuis 2002, Geens-Benelux n'a jamais varié : selon elle, c'est la vengeance d'une femme, cadre licenciée pour avoir détourné 600.000 € au préjudice de la société. Isabel Teles Pinto se serait vengée en déballant n'importe quoi au service des fraudes... Vrai ou faux ? En février 2002, 140 échantillons furent prélevés dans 15 vignobles. Cinq ans après, ces 140 échantillons, qui pouvaient faire la preuve de la bonne foi du groupe belge, n'ont toujours pas été analysés. C'est, bien sûr, ce qui dérange. Hier, Libé publie des extraits de P.-V. où il est question d'utilisation abusive de noms de châteaux, de tricheries sur les médailles obtenues dans les concours agricoles, et de divers procédés utilisés pour améliorer certains vins médiocres, la glycérine pour les vins rouges, la fleur d'oranger pour le vin blanc moelleux et le lait cru (!) pour masquer l'acidité. Geens-Benelux est accusé d'avoir utilisé les surplus des vendanges de 2002, cite Libération, pour compléter des vendanges de blanc insuffisante en 2001. Selon un chef de culture, "le groupe utilisait constamment des produits illicites pour modifier les vins mis en bouteille pour le compte de la Belgique".

Gilbert Dupont

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