Rencontre THIBAUT HUGÉ

Marc Vanderlinden est de tous les défis ! À Bruxelles et aux alentours, notamment sur les routes d’un Challenge du Brabant wallon qu’il affectionne particulièrement, son nom est plus que familier au sein du peloton des coureurs. Et ce, depuis maintenant près de trente années. D’une première participation en 1983 aux Foulées Forestoises, aujourd’hui disparues, aux 20 Km de Bruxelles 2011, l’homme qui a juré fidélité au Racing de Bruxelles a fait ses comptes, statistiques et notes à la clé. Sous les arcades du Cinquantenaire où il nous a symboliquement fixé rendez-vous avant de prendre le départ de la 32e édition du plus grand jogging du pays, ce père de trois enfants peut avancer avec fierté qu’il disputera ce dimanche sa 1.000e compétition. Soit en moyenne une course tous les dix jours depuis qu’il s’y est mis. Et si la quantité est de la partie, la qualité est elle aussi présente chez Marc Vanderlinden avec, à titre d’exemple, six place dans le Top 25 des 20 Km de Bruxelles, dont une 18e position pour meilleure référence.

“Je ne m’intéresse qu’à la course à pied”, avance-t-il, presque gêné, pour expliquer le franchissement d’un pareil cap ce dimanche. “Je suis un véritable passionné, même si, quelque part, cela peut paraître comme de l’égoïsme. Là où d’autres parlent de sacrifices afin de mener à bien leurs objectifs à travers des entraînements réguliers, je préfère évoquer le plaisir, car c’est ça que je ressens. Je m’amuse tout simplement lorsque j’ai mes baskets aux pieds et il en ira ainsi tant que la santé sera là.”

“On progresse encore à 52 ans”

Le virus, il l’attrapa une première fois à l’âge de 17 ans. Durant trois ans, Marc Vanderlinden s’attaqua avec passion à la discipline avant de mettre ses baskets de côté durant une décennie. Jusqu’alors, il ne se définissait d’ailleurs pas comme un partisan de “l’effort inutile”. Mais en retrouvant les sentiers, notamment ceux de la Forêt de Soignes qu’il affectionne particulièrement, une fois le cap de la trentaine passé, il prit plus que jamais conscience qu’il “n’avait pas appris à marcher mais bien, d’entrée, à courir”. De course en course, ce spécialiste du trail cumula les kilomètres pour aujourd’hui passer un cap quasi unique en Belgique. Tout aurait pourtant pu s’arrêter voici tout juste deux ans, quatre jours avant la trentième édition des 20 Km de Bruxelles. Marc Vanderlinden, victime d’un accident vasculaire cérébral, passa en effet cette édition anniversaire à l’hôpital en 2009. Douze mois plus tard, le résident de Boitsfort bouclait pourtant la distance en 1h11, en s’étant permis le luxe d’attendre la première dame. Une énorme victoire sur lui-même.

“Cela reste un moment d’intenses émotions pour moi !” sourit-il. “Qui plus est ici, à Bruxelles. J’ai toujours entretenu une relation privilégiée avec les 20 Km. Ici, je parviens à battre des coureurs qui, sur d’autres terrains, finissent habituellement devant moi, comme ce fut le cas avec les Simonet, Veloso ou Michiels. J’ai une véritable attirance pour cette épreuve. Je reconnais aussi que j’ai la chance, depuis pas mal de temps, de pouvoir partir avec le groupe de tête. Ainsi, j’ai une fois voulu tout donner pour être le premier au rond-point Schuman. Mais rien à faire. Avec la concurrence, notamment africaine, ce fut mission impossible.”

Marc Vanderlinden ne pouvait donc rêver meilleur décor ce dimanche pour fêter le passage dans un second millénaire d’épreuves. Le hasard a merveilleusement tapé dans le mille. Ou presque : “Depuis que j’ai passé le cap des 500 épreuves, je tiens un tableau bien précis, recensant toutes les courses où je suis au départ. Je savais que cette édition allait plus ou moins coïncider avec ma 1.000e participation. J’ai néanmoins dû faire coup double dernièrement sur un même week-end alors que je n’ai pas pris part à l’épreuve du Challenge du Brabant wallon précédant ces 20 Km. Histoire de fêter ça à Bruxelles.”

De quoi également en garder sous les baskets pour faire bonne figure ce dimanche : “Si je me sens bien, j’espère faire 1h10. Soit mieux que l’année dernière. Comme quoi, on progresse encore à 52 ans.”

Sous les arcades du Cinquantenaire, Marc Vanderlinden nous a symboliquement fixé rendez-vous avant de prendre le départ de sa 1.000e course lors des 20 Km de Bruxelles, ce dimanche.

Hugé