dearborn Henry Ford était profondément pacifiste. Il s’était laissé convaincre par des thèses qui circulaient un peu partout, selon lesquels les Juifs portaient la responsabilité de la Première guerre mondiale.

Il utilisa le journal qu’il avait créé à Dearborn pour le proclamer et il signa même un ouvrage en quatre tomes sur la question, The International Jew. Avant de se rendre compte que les Juifs d’Amérique étaient tous des clients potentiels et d’apprendre qu’à Hollywood, les producteurs de films – Juifs pour la plupart – menaçaient de ne plus utiliser que des Ford T dans les scènes d’accidents.

En 1927, Henry Ford s’excusa publiquement. Mais lorsqu’en Allemagne, en 1933, Adolf Hitler hurla des slogans qui avaient été les siens auparavant contre les Juifs, contre les communistes et contre les syndicats, il se mit à admirer cet homme qui, en outre, promettait de construire une automobile pour chaque ménage allemand.

Quand la guerre éclata, Henry Ford participa, le 26 juin 1940, à un dîner de gala, au Waldorf Astoria de New York, où l’on célébrait la victoire des Allemands sur la France.

Sa guerre à lui fut très rentable puisque Ford vendit des moteurs aussi bien à l’aviation allemande qu’à celle des États-Unis. Le patriarche de 83 ans est mort victime d’une hémorragie cérébrale, le 7 avril 1947.