L’Espagnol a atteint sa première finale du Grand Chelem à Paris sans perdre un set. C’est mieux que Nadal !

Il est l’homme dont on ne parle jamais. Ou presque. Et pourtant, il réalise une carrière pour laquelle l’immense majorité des joueurs du circuit aurait signé des deux mains et les yeux fermés. David Ferrer (ATP 5) a connu son jour de gloire, vendredi soir, à Roland Garros en réussissant, enfin, à 31 ans, à atteindre sa première finale dans un tournoi du Grand Chelem, où il défiera ce dimanche son compatriote Rafael Nadal (ATP 4).

“Je suis très heureux, ce tournoi est très spécial pour moi”, confia-t-il après sa victoire 6-1, 7-6 (7/3), 6-2 contre Jo-Wilfried Tsonga (ATP 8). “Alors jouer ma première finale du Grand Chelem à Roland-Garros, le plus tournoi le plus important à mes yeux, c’est juste fantastique. C’est un rêve !”, lâcha-t-il. Cette accession en finale à Paris est surtout une formidable récompense pour ce stakhanoviste des courts, devenu à force d’acharnement l’un des meilleurs joueurs du monde, même s’il reste méconnu en raison d’un tennis peu chatoyant et d’un manque de charisme. Cela fait deux ans quasiment que le petit Valencien n’a pas quitté le Top 5 après avoir déjà été n°4 en 2008, même si son unique titre de valeur reste sa victoire au tournoi ATP Masters 1000 de Paris-Bercy en novembre dernier.

La petite histoire raconte à son sujet que s’il est devenu ce combattant implacable, il le doit à son père. Exaspéré par son manque de motivation alors qu’il battait régulièrement des joueurs comme Juan Carlos Ferrero et Marat Safin à l’entraînement lorsqu’il était plus jeune, il lui suggéra d’aller travailler comme maçon sur des chantiers s’il voulait de l’argent pour s’amuser avec les copains. Une semaine à charger des briques dans des camions a suffi à le vacciner… Discret et humble, ce relanceur inlassable a gagné un surnom qui sied bien à son jeu, à savoir le pou. David Ferrer colle en effet à la balle comme personne, surtout sur terre battue, la surface sur laquelle il a grandi, suite à un jeu de jambes poli par les séances de travail de son entraîneur de toujours Javier Piles. Ces dernières années, il a même complété son jeu en y ajoutant, ça et là, une montée au filet ou une amortie, histoire de rendre complètement fous la plupart de ses adversaires. Jo-Wilfried Tsonga en a fait l’amère expérience, vendredi soir, contre ce roc qui semblait ne pas présenter de fissure. David Ferrer peut même se targuer d’avoir atteint sa première finale d’un tournoi du Grand Chelem à Paris sans avoir perdu le moindre set.

Bref, c’est mieux que Rafael Nadal en personne ! Cela lui suffira-t-il en revanche pour priver son illustre compatriote, qu’il a failli battre à Madrid, d’un huitième titre à Roland Garros ? Pas sûr… “Ce sera ma première finale. Je pense que je vais être un peu nerveux. Mais j’espère faire un bon match. On sera deux Espagnols en finale, ce sera un moment important pour nous deux, et pour le pays aussi. Battre Rafa sur terre battue est très difficile. Djokovic l’a dominé à Monte-Carlo. Mais Djokovic est n°1 mondial. Je suis sûr que Rafa aura récupéré. C’est le plus fort sur le plan physique. Il faudra que je joue mon meilleur tennis. En tout cas, je vais tout donner…”