200 pages à savourer sur ces noms qu'honorent nos plaques émaillées

BRUXELLES Auteur prolifique sur et autour de son brusseleir chéri, Georges Lebouc signe aussi, depuis des jours et des lunes, une rubrique cocasse dans La Libre. Où il démasque les bizarreries, les incongruités, les erreurs aussi de ce parlé, hélas en perdition. Autant d'anecdotes plutôt plaisantes à éditer.

Seulement ici, le très sympathique Français d'Ixelles, licencié en philologie romane, s'il vous plaît, s'est borné (pour l'essentiel, parce que comment résister à la place du Chat Botté ou à la rue de la Belle au Bois Dormant ?) à ne rendre compte que de l'histoire de ces plaques émaillées dont subsiste un nom, certes, mais guère d'infos sur la raison du choix communal.

En véritable scientifique de la langue, en passionné, l'auteur a ainsi recensé les rues "picturales" (Bossuet, Cluysenaar, Plasky, Van Meyel, etc.), celles qui commémorent le nom de membres du Congrès national (de Waha, Nothomb, Rogier...) ou celles dévolues à la pérennité de juristes (Carton de Wiart, Graux...). Il y a encore les maïeurs, les ministres, les écrivains, les avocats. Etc.

Mais attention. Si de précises annexes donnent foi à l'analyse, celle- ci se fait et rigoureusement exacte et amusante. Ainsi s'avère la marque de fabrique du prof, directeur des Lettres bruxelloises, chez Racine.

Qui, exemple entre mille, salue les jeunes Jardins de Jette où fleurissent les références cinématographiques ainsi un clos Tom & Jerry, un chemin Bourvil... Non sans souligner qu'à cet honneur, Gérard Philipe eut préféré une orthographe correcte (un seul P) de son nom.Guy BernardDes rues et des hommes à Bruxelles, Racine, 24,95 €.

Théodore Verhaegen, comment l'oublier à quelques encablures de la Saint-V. ?, fut le fondateur de l'U.L.B. Saint-Gilles s'en souvient. Mais il est une foule de noms de rue aux destinées oubliées. (benoît vanzeveren)