L’Ostendais, pétri de talent et de bonnes intentions, a sorti un premier album solo

BRUXELLES Flesh&Fell ou SpeakingT, deux noms de groupe qui parleront peut-être aux plus anciens. Celui de Pierre Goudesone également. Goudi, par contre, pourrait parler à ceux-ci mais également aux plus jeunes s’ils se penchent sur son premier album solo.

En s’entourant de Sabine Kabongo (Zap Mama), Jean-Marie Aerts, Nicolas Fiszman ou Pim DeWolf, le musicien d’origine ostendaise a pondu un premier album varié, profond, intéressant où Arno croiserait Tom Waits, Stef Kamil Carlens et le Velvet sur une vague soul entrecoupée de riffs rock.

“J’aime bien mettre des couleurs différentes, explique ce parfait bilingue. C’est ma façon de travailler. Au début, j’étais tout seul, puis j’ai rencontré des musiciens et on a joué à gauche et à droite. Je n’avais pas envie de suivre une mode. Je n’ai pas du tout écouté ce qui était hype ou hot, j’ai fait ce que je voulais. Je suis multi-instrumentaliste mais je me suis fait aider. Je n’ai pas non plus réuni tout le monde en studio pour des sessions d’une semaine. Moi, je travaille, je chipote et j’avance. Je joue la basse, la guitare, je fais les voix, j’écris les textes. Je chipote pour les beats, parfois je demande un batteur, parfois je garde une programmation parce que je trouve que ça collait.”

À quarante balais bien essuyés, Goudi se lance pour la première fois en solo.

“Au début, je me posais plein de questions. C’était un challenge. J’ai toujours écrit la musique et fait la production pour les autres groupes. Ce n’est pas nouveau mais commencer à chanter et à écrire des textes, c’était quand même un challenge. Au début, je marchais un peu sur des œufs, maintenant je me sens comme un poisson dans l’eau. Je suis sûr de moi mais j’ai aussi mes doutes. Tu dois te battre pour relever tes challenges. Pour moi, c’est grandir. La route n’arrête jamais. Je me suis déjà dit que j’aurais dû me lancer plus tôt car dans les groupes, il y a toujours des démocraties; maintenant, je peux travailler à mon rythme. Je suis toujours en train de travailler, j’ai des tonnes de notes, de musique, je stocke tout ça.”

Le garçon semble avoir pas mal de points communs avec Arno.

“Non, se défend-il, mais je le connais depuis que je suis gosse. Je viens d’Ostende, j’ai travaillé avec Jean-Marie, son guitariste. Je dis les choses mais c’est le truc d’un artiste, comme le fou du roi, qui fait des blagues mais avec des piques, certaines vérités. Je chantais déjà des trucs sur les banques il y a quelques années. T’as fait combien de bénéfice ? 150 milliards ! Faut épargner, t’es viré. Je suis un visionnaire ? Disons que c’est un hasard. J’écoute les choses, j’essaie de capter un peu le temps, les choses qui passent, j’aime bien mélanger le temps qui passe.”

Avec talent…Basile Vellut

Goudi, Goudi (Citysound/Greenlfant).

Pierre Goudesone, alias Goudi, a sorti un premier album solo remarquable…