Hani El Tabaa : “Je voulais trouver des marchésen Wallonie”

INCULPATIONLIÈGE Alors qu’un dossier est ouvert à Liège pour faux, usage de faux, abus de biens sociaux, corruption et infraction à la loi sur les marchés publics (voir nos éditions d’hier), José Happart tient à faire savoir qu’il n’est concerné que par le volet corruption et n’est donc inculpé que de ce chef. Il se dit serein et répond de la sorte aux accusations portées par l’entrepreneur français : “C’est la suite logique d’une instruction de 5 ans mais je n’ai corrompu personne.”

Le dossier à charge de l’ancien ministre wallon a été ouvert après la plainte d’un entrepreneur français qui affirmait avoir reçu la promesse de M. Happart d’obtenir des marchés publics.

En échange de cette promesse, l’entrepreneur dit avoir accepté de construire à très bon prix une maison pour une amie du président de la SAB.

D’après l’entrepreneur, José Happart n’a pas respecté ses engagements et c’est pourquoi il s’en est plaint à la justice liégeoise.

Injoignable hier, l’entrepreneur avait déjà fait part de son témoignage dans La DH à l’époque de son dépôt de plainte.

Hani El Tabaa voulait trouver des marchés en Région wallonne, à l’été 2007.

Selon lui, cette affaire devait être une sorte de win-win pour José Happart et pour lui. “Je voulais trouver des marchés en Wallonie. J’en ai parlé autour de moi et on m’a mis en contact avec José Happart. Je lui ai fait part de mon ambition et lui m’a dit qu’une de ses connaissances faisait construire une maison et que je pouvais peut-être me rendre utile. Lui s’engageait à me rendre la pareille.”

Les propos de cet homme sont corroborés par un protocole d’accord pour la construction d’une maison daté du 2 mars 2007. Ce protocole fait mention des différents postes à pourvoir et est signé par José Happart. “Après, ça a été dans tous les sens. On me demandait des efforts supplémentaires et je ne voyais pas arriver le moindre marché”, poursuivait-il. “L’amie du politique n’a cessé de se plaindre, d’écrire des lettres, mais c’était trop me demander. Je ne pouvais pas continuer à travailler à perte sans rien voir venir”, expliquait-il.

“Les propositions de me faire travailler avec une entreprise luxembourgeoise, ainsi que les travaux d’isolation des résidences autour de l’aéroport de Liège présidé par votre ami Monsieur José Happart, nous les avons toujours prises pour des poissons dans l’eau. Propositions qui n’ont qu’un but : nous faire plonger dans les prix encore et encore”, regrettait encore l’entrepreneur dans un courrier.

A. Vbb.