En 1999, pendant la promotion de son film La Tête dans le carton à Chapeaux, Antonio Banderas qui dirigeait Melanie Griffith , son épouse déclarait : “J’avais envie de tourner quelques scènes de ce film dans les rues de Beverly Hills. Pendant des mois, la mairie m’a dit qu’il fallait patienter car il devait, pour des questions logistiques, demander au voisinage s’il ne voyait pas d’inconvénient à ce que je pose mes caméras devant chez eux ! Les tractations ont duré jusqu’à ce que l’on m’informe qu’il fallait donner une compensation financière à chaque voisin qui, je cite, allait être importuné ! J’ai l’impression qu’à cause de sa législation, de sa lourdeur administrative et de l’appétit de certains, la Mecque du cinéma est en train de creuser sa tombe. Quel dommage  ! Bref, j’ai l’impression que cette ville est devenue amnésique et que l’âme et les jobs hollywoodiens foutent le camp.” Prémonitoire, l’amigo Antonio. Quatorze ans après cette déclaration, la capitale mondiale du Septième Art est en passe de s’étioler. Preuve, des productions comme Iron Man 3, World War Z ou encore le reboot de Star Wars par J.J Abrams se sont ou vont être tournés dans les studios londoniens. Tout ça parce que la City est devenue aujourd’hui la ville la moins chère au monde pour l’industrie cinématographique et ce, en raison d’une politique fiscale des plus attrayantes ! En cinq ans, plus de mille films ont été shootés dans la capitale britannique. Soit un gain de 1,2 milliard de dollars pour les caisses de la Perfide Albion.

Pour inverser la tendance, le Golden State a donc commencé à se réveiller. Cette année, les autorisations pour pouvoir tourner un film dans les rues de Los Angeles ont grimpé de 3,7 % soit 5.892 jours de tournage autorisés. On reste néanmoins très loin des 13.980 jours attribués en 1996. Mais les Britanniques ont peut-être déjà donné le coup de grâce à la Cité des Anges. Londres rembourse en effet 20 à 25 % de l’argent dépensé sur son sol. Autrement dit, plus les prods américaines dépensent sur place, plus elles sont gagnantes à la fin.