Le Dr House a fait swinguer le Cirque Royal mardi. Où il a soufflé ses 54 bougies !

CONCERTBRUXELLES Moment aussi intense qu’inattendu. En plein milieu de son concert, Hugh Laurie voit débarquer les Dupond et Dupont (clin d’œil à son amour pour la Belgique et Tintin ) avec un énorme gâteau d’anniversaire. Avec, cerise sur ce gâteau, une standing ovation et un “ Happy Birthday to you ” entonné en chœur par un Cirque Royal plein à craquer.

Ému, l’artiste ne s’attendait pas à pareille attention. “Je ne sais pas quoi dire, je ne m’y attendais pas. Je vous propose qu’on trinque tous !”

Deux plateaux de whisky plus tard, Hugh Laurie reprend, un peu déboussolé, son concert.

Un show à l’image de l’infâme docteur qu’il incarne à l’écran. Car l’acteur est, dans la vraie vie, comme Grégory House, fou de musique, de chant, de guitare et de piano. Sur une scène à l’ambiance cosy, faite de vieux abat-jour, de tapisseries et de cadres photos, Hugh Laurie semble nous accueillir dans son salon, comme aux Francopholies de Spa l’année dernière.

Et avec son blues anesthésiant, ode à La Nouvelle-Orléans jazzy, le docteur confirme notre impression. Entouré d’un groupe et de choristes tout droit sortis des fifties, The Copper Bottom Band, l’ex-docteur House semble avoir abandonné sa canne pour de bon, au profit du micro. Et sa mauvaise foi, qui a fait sa réputation sur écran, se transforme en incroyable générosité.

Entre des reprises de grands standards du blues et quelques morceaux de ses deux albums, Let them talk et Didn’t It Rain, Hugh Laurie enchante et surprend par sa voix grave, chaude et joueuse.

Joueuse comme sa manière d’être “so british”. Car, entre chaque morceau, Hugh Laurie a fait le clown au Cirque Royal. Jamais à court de vannes, l’homme adore plaisanter avec son public. “Oui, je sais, c’est encore une vieille chanson ! Mais je n’y peux rien si je suis vieux.”

Profond, drôle – il s’est ramené avec la fusée de Tintin sur scène ! – et chatoyant, Hugh Laurie a mis tout le monde dans sa poche. Même ceux qui venaient là juste par curiosité de le voir chanter sur scène. Entre quelques pas de danse endiablés sur du tango, un tirage de veston et un concert fluide de presque deux heures, le Britannique a rappelé qu’elle est loin l’époque où il jouait dans Stuart Little ou encore Les 101 Dalmatiens. Place à un musicien fou de blues, charmeur et bien dans son micro.

Bref, en faisant swinguer Bruxelles comme La Nouvelle-Orléans, Hugh Laurie est devenu, le temps d’une soirée, le Dr Blues.

Pierre-Yves Paque