À 12 ans, Henry Ford s’amusait à démonter sa montre et à la remonter

Sur une carte des États-Unis, Detroit se trouve tout en haut, à droite de Chicago. Le nom de la ville est synonyme d’industrie automobile. Ce qui, quelque part, est logique pour une cité fondée en 1701, longtemps avant l’invention de notre petite auto, par un aventurier français du nom de Antoine de Lamothe-Cadillac.

Et de fait, le siège des automobiles Cadillac s’est installé ici pour se développer plus tard en General Motors. Le groupe Chrysler se trouve aussi à Detroit. Mais surtout les usines Ford qui, plus exactement, ont été implantées dans la proche banlieue, dans la zone de Red River, au sein d’une petite ville, Dearborn, où est né son fondateur, Henry Ford, le 30 juin 1863. Voici exactement 150 ans.

Ford y a toujours vécu et il y est mort à 83 ans, en 1947.

Fils de fermiers, il n’aimait pas la ferme et encore moins l’école qu’il a quittée à quinze ans avec de piètres résultats. Par contre, il adorait bricoler. Pour ses 12 ans, son père lui avait offert une montre et son plaisir était de la démonter pour la remonter ensuite. Il devint le réparateur de montres de tout le village et, à 16 ans, il trouva un emploi dans un atelier d’usinage, à Detroit, et son père l’autorisa à s’installer en ville. Son salaire lui permettait à peine de payer son loyer et il trouva un job du soir dans un atelier de réparation de montres et d’horloges.

À 19 ans, il revint à la ferme, mais pour y installer un atelier. Il avait une idée en tête : au départ d’une vieille tondeuse à gazon, il réalisa une machine agricole à moteur. Il la présenta chez Westinghouse, une importante usine de Detroit, fut engagé avec un bon salaire. En 1888, il épousait Clara Ala Bryant qui fut la compagne de sa vie et la mère de son fils Edsel, né en 1893. Entre-temps, en 1891, il était engagé comme mécanicien dans la filiale locale de la compagnie d’éclairage Edison. Il y mettait au point des moteurs à gaz. Sa compétence lui permit de gagner du galon. Dès 1893, à 30 ans, il était ingénieur en chef et gagnait très confortablement sa vie.

Il consacra ses loisirs au dada de beaucoup de bricoleurs géniaux de l’époque : il voulait se construire sa propre automobile. La mode venait d’Europe où, en Allemagne, Karl Benz roulait, en 1886, sur un tricycle automobile. En 1893, la circulation est déjà importante dans Paris et des premières courses sont organisées en France. Mais, à l’époque, pour posséder sa voiture, il faut, soit être très riche, car chaque pièce est réalisée à la main, soit la faire soi-même. En 1896, Ford a terminé sa voiture : une quatre roues, avec moteur 4 chevaux et un système qu’il a imaginé de refroidissement à eau.

Son rêve serait de ne vivre que de ça : la construction d‘autos. Il lui faut des moyens. Il demande à rencontrer son grand patron, Thomas Edison, qui l’encourage : “Jeune homme, voilà l’avenir ! Vous l’avez !” Il lui donne les moyens de réaliser une deuxième voiture qu’il termine en 1898.

Mais c’est un industriel, le baron William H. Murphy, qui lui permet d’ouvrir, le 5 août 1899, la première usine Ford qui, pour l’heure, s’appelle la Detroit Automobile Company.