GÉRY DE MAET A TOUJOURS QUELQUE CHOSE À DIRE  ! Ciné Polar diffusait l’autre jour un Gabin complètement inconnu, y compris de ses amateurs les plus pointus. Le film s’appelle Miroir et date de 1948 !

On y voit le patriarche du cinéma français dans un rôle à double face, celui d’un bourgeois respectable le jour, chef de bande la nuit. À ses côtés, un Daniel Gélin encore très jeune.

Au-delà de cette rareté télévisuelle, il faut rappeler que jamais la carrière de Gabin n’a connu d’éclipse.

S’il est exact qu’il devra attendre Touchez pas au grisbi pour renouer avec le statut de premier plan qui était le sien avant-guerre, il est faux de croire qu’il n’a plus tourné entre 1945 et 1954.

Un ancien collaborateur de presse m’affirmait pourtant un jour que la carrière de Gabin avait été interrompue pendant dix ans parce qu’il était interné pour alcoolisme !

En réalité, dès la Libération, l’acteur décroche à nouveau des premiers rôles, comme dans Martin Roumagnac où il a Marlène Dietrich comme partenaire.

Gabin a en revanche mis plus de temps à retrouver le succès public. Pendant la guerre, ses cheveux étaient devenus blancs et les acteurs qui étaient restés à Paris l’avaient évincé comme têtes d’affiche alors que lui se battait en mer pour le compte de la France libre.

Une injustice que l’acteur aura du mal à accepter, même si de toute sa vie, il n’aura jamais connu le chômage…