Il ne voulait pas que son public sache qu’il avait le sida

Le 13 juillet 1985, au concert historique Live Aid, Freddie Mercury, en pleine forme, fait chanter avec lui le public de Wembley. Un an plus tard, les 11 et 12 juillet 1986, dans le même stade, Queen se produit deux fois devant 72.000 spectateurs. Les 140.000 places ont été vendues en deux jours. Dans un de ces élans de folie qui ont fait sa réputation, Mercury apparaît coiffé de la réplique exacte de la couronne d’Angleterre. Il n’est pas Queen pour rien !

Mais ce double concert, c’est presque la fin ! Il n’en donnera plus qu’un, également à Londres, dans le parc de Knebworth, le 9 août 1986.

Cet ultime show marquait la fin d’une tournée européenne que Freddie Mercury achevait exceptionnellement fatigué.

En février 1987, il sort, sous son nom, sa version du tube des Platters, The Great Pretender. Puis il entreprend l’enregistrement d’un album solo. La ville de Barcelone, qui reçoit les Jeux Olympiques de 1992, lui a demandé d’écrire la chanson-thème de l’événement. Mercury va en profiter pour réaliser un rêve : un duo avec la chanteuse d’opéra Montserrat Caballe qui, justement, est née à Barcelone. Ce sera Barcelona !

Cette année-là, en vacances à Ibiza, il est inquiet par des taches sur le visage. Il consulte. Le sida ! En 1987, le diagnostic ne laisse qu’une issue : Freddie Mercury se sait condamné. Il lui reste quatre années de sursis.

Le 20 février 1990 , sur la scène des British Awards, il apparaît amaigri. Idem dans le dernier de ses clips, sur I’m going slightly mad, où il tente de masquer son état sous un maquillage blanc et noir. La rumeur du sida de Freddie Mercury circule. Des journaux en parlent. Le groupe Queen se fend d’un communiqué officiel pour démentir. C’est que le groupe est occupé à enregistrer ce qui sera son dernier album, Innuendo, avec deux titres en forme de testament : These are the days of our lives (Ce sont les jours de nos vies) et The show must go on (Le spectacle doit continuer).

La dernière chanson qu’il a chantée en studio ne sortira qu’en 1995 sur l’album posthume Made in heaven : Mother love. Mercury a été incapable de l’achever. C’est son complice de Queen, Brian May, qui interprète le troisième couplet.

Le 16 novembre 1991, un nouveau communiqué soutient que Freddie Mercury ne souffre pas du sida, mais le 23, son médecin personnel, Gordon Atkinson, vient au-devant des journalistes massés devant la propriété de Logan Place et il lit un texte que Freddie Mercury vient de rédiger : “Je souhaite confirmer que j’ai été testé positif au HIV et que je suis atteint du sida. J’ai jugé correct de garder secrète cette information jusqu’à ce jour afin de préserver la vie privée de mon entourage. Cependant, l’heure est venue pour mes amis et fans de par le monde de savoir la vérité.” Freddie Mercury est mort le lendemain.Il n’avait que 45 ans.

En concert avec Queen, du temps de sa splendeur. Devant 140.000 spectateurs en deux jours! reporters / dalle