Des thrillers, Maxime Chattam en a lu des centaines. Des milliers, peut-être. Aujourd’hui, quand il se rend chez son libraire, en quête de nouveauté, il est souvent déçu : au bout de 200 pages, le livre lui a dévoilé tous ses secrets et lui tombe des mains. Du coup, sa grande question était de savoir comment il parviendrait à se renouveler, lui. “J’avais envie que les lecteurs qui connaissent les ficelles du genre soient surpris”, dit-il. “Aux deux tiers du bouquin, on pense que l’histoire est finie, mais il reste encore beaucoup de pages à lire… J’avais envie que mes lecteurs se disent que je m’étais tout de même un peu cassé la tête…

Sans, pour autant, donner dans la surenchère, les litres d’hémoglobine et les corps dépecés. “Quand je me relis, je me demande toujours quand ça ne sert plus mon propos. J’ai un vrai problème avec la violence lénifiée”, souligne-t-il. “En revanche, j’ai passé du temps avec les flics, j’ai assisté à des autopsies et j’ai envie que mes lecteurs aient l’impression d’y être aussi. Je suis très descriptif, dans mes personnages, dans les lieux, les atmosphères. Et les scènes de crime aussi, parce que ça met dans un état d’esprit particulier.

I. M.