Le magicien Seth Nkandu entraîne à la fois des grands talents et des joueurs sans contrat

Le point commun entre Andre Mutombo, Hervé Kage, Geoffrey Mujangi Bia, Pelé Mboyo et Michy Batshuayi, c’est lui : Seth Nkandu. Tous le qualifient de grand entraîneur, certains grimpent dans les éloges jusqu’à faire de lui un magicien. Dans son Académie située au coeur de Berchem, l’ancien entraîneur des jeunes d’Anderlecht joue tantôt les préparateurs physiques tantôt les psychologues auprès de joueurs professionnels blessés, en panne ou sur le point d’émerger : “Il y a vraiment différents profils de joueurs. Il y a ceux qui sont en équipe réserve et qui doivent encore faire le pas. Il y en a d’autres qui ont déjà un bagage en division 1. Il y en a enfin qui sont plus âgés et qui n’ont pas eu cette chance-là.”

Des joueurs qui, en plein coeur des vacances, préfèrent parfois jeter un billet d’avion vers l’Espagne et s’infliger cinq entraînements par semaine à quelques encablures de Zellik. “Cela en dit assez sur leur mentalité. Quand vous vous entraînez pendant que les autres sont en vacances, je crois que le premier signal est là.”

Dieu sait pourtant si au terme d’une saison bien chargée, des joueurs comme Jonathan Vervoort (Anderlecht mais prêté cette saison à Eindhoven) ou Julien Vercauteren (Lierse) auraient sans doute mérité une douche de soleil dans les allées d’Ibiza.

Seth, que pouvez-vous concrètement faire pour des joueurs comme ceux-là ?

“Pour des footballeurs comme eux, c’est simplement de l’entretien. Ce n’est plus à leur âge qu’on peut faire un travail technique, du moins pas dans la durée. Mais vous savez, l’Académie a déjà douze années derrière elle et ce sont souvent les mêmes visages qui reviennent.”

Au-delà des noms connus comme Andrea Mutombo, beaucoup de joueurs présents ici sont dans une situation professionnelle moins confortable. Est-ce moins facile à gérer ?

“Disons qu’il y a parfois un travail psychologique à faire. On sait très bien qu’un joueur n’évolue pas de la même façon suivant la confiance qu’on lui donne. Mais pour d’autres, il s’agit simplement d’un problème physique à régler. J’essaie de m’adapter à chaque cas. On ne peut pas faire de généralité.”

Que pouvez-vous leur apporter de plus ?

“Je crois qu’il s’agit déjà d’une ambiance de travail différente. Beaucoup évoluent en club durant la saison. Le fait de changer le cadre les prépare automatiquement à travailler autrement. Certains me disent parfois qu’ils progressent plus rapidement ici qu’en club mais je n’oserai jamais dire que cela tient uniquement à moi. Simplement, le contexte est différent.”

En plein coeur du mercato, certains vous demandent-ils parfois de les aider ?

“J’essaie de ne pas trop me mêler de cela. Et, en toute honnêteté, ils ne parlent que très peu de leur avenir durant les entraînements. Avec certains joueurs, la relation est devenue tellement étroite qu’on en parle parfois mais ce n’est pas le sujet de toutes les conversations.”