L’ex James Bond Girl dans Quantum of Solace a bien su mener sa barque

Alors que beaucoup de ses copines mannequins rament encore dans le domaine du cinéma, la poupée “made in Ukraine”, elle, enchaîne les rôles et les propositions. Rencontre avec une fille qui, quoiqu’il advienne, saura surnager !

En premier lieu on vous a déjà dit que vous ressembliez à Sophie Marceau ?

“Tout le temps. Ca se trouve on dit à Sophie Marceau qu’elle ressemble à Olga Kurylenko ! (rires)”

Si vous le voulez bien présentons déjà “Magic City”, cette série qui amorce sa seconde saison aux Etats Unis. L’action de ce TV show se déroule à la fin des années 50. Il est question de mafieux, de politiciens véreux, d’hommes du spectacle qui se retrouvent régulièrement dans le premier gros hôtel de Miami alors que Fidel Castro prend le pouvoir à Cuba. Vous êtes Vera, une ancienne showgirl mariée à Ike Evans (Jeffrey Dean Morgan), un juif américain qui a construit l’hôtel et qui s’est fait des ennemis au passage. Notamment avec un parrain du coin qui l’a aidé à s’installer. Miami pour vous qui avez des origines ukrainiennes, ça représente quoi ?

“La chaleur déjà ! Ce pas évident de tourner à Miami dans la mesure où je perçois plus cette ville comme un lieu de vacances. De farniente. Cela dit, pendant le week end, lorsque nous ne tournons pas, nous sommes relax. Nous en profitons pour nous rendre à la plage et dans des restaurants. Après plusieurs mois passés à Miami, je sais désormais où il faut se rendre, quels sont les coins sympas ect. Les endroits à éviter… Avec ma mère, la première chose que nous avons voulu faire c’est un tour dans les Everglades. Elle a eu la frayeur de sa vie en voyant des crocodiles ! Une espèce animale que l’on ne croise pas beaucoup en Ukraine !”

Donc si nous nous rendons là-bas nous pouvons vous appeler pour que vous soyez notre guide !

“(éclat de rire). Pas de problème ! Vous pouvez compter sur ma disponibilité !”

“Magic City” se déroule en pleine guerre froide, vous qui êtes mannequin à la base, vous en pensez quoi de la mode à cette époque ?

“J’aurais adoré vivre à cette époque. Les femmes avaient une posture et des robes ultra glam’. De la tête aux pieds et jusqu’au bout des ongles, elles incarnaient la perfection, le bon goût, la bienséance. Question mode, on tranchait aussi vraiment avec les tendances d’aujourd’hui. De nos jours, une femme qui se rend en pantalon au travail, ça ne pose aucun problème. Les gens sont habitués. C’est rentré dans les mœurs ! Il y a quarante ans, elle se serait fait virer le champ. Malheur à celle qui ne respectait pas les codes. Les usages. Les convenances. Pour être “acceptée”, vous deviez vous conformer à des standards. En l’occurrence, portée en permanences des escarpins casse-gueule, des corsets, des bas et non des collants et enfin des robes si droites et si étroites qu’il était quasi impossible de ramasser un crayon à papier ! Je suis donc ravie de me rendre sur le plateau avec un look si sexy…”

Quels sont les points communs que vous pensez partager avec votre personnage ?

“Elle est très girly girl comme moi. Elle fait de la dance comme moi et elle est pleine de vie comme moi ! Je dirais enfin qu’elle n’est pas très douée pour dissimuler ses émotions ! Ses sentiments. Vera est aussi très dévouée à sa famille. Je n’ai pas d’enfants mais j’aime beaucoup la manière dont elle s’occupe de cette petite fille qui n’est pas la sienne !”

Vera cherche aussi désespérément l’amour. Le grand. Si vous deviez donner un conseil à votre personnage, quel serait il ?

“Déjà de mettre tout en œuvre pour garder son mari ! Faire en sorte que ce dernier n’aille pas coucher ailleurs ! Elle est aujourd’hui dans une situation très inconfortable. Il faut qu’elle s’en extrait. Qu’elle se batte.”

Quelles sont les actrices du passé ou actuelles qui ont été pour vous des sources d’inspiration ?

“J’ai toujours été une grande admiratrice de Brigitte Bardot. Pour sa beauté, ses choix, ses actions et son style. J’adore la façon dont elle se coiffait, se maquillait et s’habillait. Comment ne pas être fan non plus de Isabelle Huppert, Kate Winslet, Cate Blanchett ou de Meryl Streep ?”

Vous vous trimballez toujours avec un micro sac avec vous et pardonnez notre curiosité mais nous aimerions savoir ce que vous mettez dedans ?

“Un rouge à lèvre et un baume pour les lèvres pour qu’elles ne sèchent pas. L’arsenal nécessaire pour séduire. Vous êtes toujours en mode séduction ou vous vous reposez parfois ? (éclat de rire). Disons que je ne cherche pas particulièrement à m’enlaidir ! Je suis ravie de ce que le bon Dieu m’a donné et j’en profite sans trop me poser des questions. Pourquoi ? Je devrais ?”

Nullement ! C’est quoi pour vous la définition du mot “sexy”…

“C’est avant tout une question de confiance en soit. Vous pouvez être la plus belle femme du monde, porter les plus beaux vêtements du monde, si vous doutez de vous, si vous n’êtes pas à l’aise en société, la sexy-attitude ne suintera pas !”

Vous êtes une actrice internationale, vous avez vécu à Paris, vous tournez en anglais et vous avez un background ukrainien. Comme vous vous couchez vous rêvez dans quelle langue ?

“C’est une question intéressante. Comme vous le savez, j’ai immigré en France quand j’avais 16 ans et j’ai vécu à Paris quelque chose comme 14 ans ! À cette époque, je rêvais dans votre langue. Entre-temps, je me suis installée à Londres et maintenant je rêve en anglais. Je n’ai pas tourné de films en français donc forcément l’anglais prédomine pour le moment. C’est marrant d’ailleurs. Quand je me rends en Ukraine, je commence à rêver en russe. Par contre quand je jure, quand je gueule quand je suis énervée le premier mot qui me vient à la bouche c’est “Merrrrrrrrde !” et c’est bien en français ! Y’a rien de mieux pour faire passer le message. It just sounds good !”

Il paraît que l’on vous voit bientôt dans la peau d’une sirène, le film s’intitule “Empires of the deep” une sorte de “Avatar” chinois truffé d’effets spéciaux.

“Oui ! Je n’ai pas vu le résultat final. Il m’est donc très difficile de vous dire ce que j’en pense ! Le film a mis du temps à accoucher. J’espère que vous le verrez bientôt. Comme la distribution de ce film était internationale nous entendions plein de langues sur le set. On me parlait en Chinois parfois et là je coulais très vite car je ne parle pas cette langue. Je sais une sirène qui coule ce n’est pas banal ! (rires)”

Et le costume ?

“Il fallait cinq heures, chaque matin, pour m’installer la queue de cette sirène ! Les filles la peignaient ensuite littéralement sur mon corps ! Une fois l’avant réalisé, je devais m’allonger sur le ventre pour que l’on peigne le verso ! Le résultat était spectaculaire…”

Vous venez de commencer aussi je crois un film de vampire. Décidément, vous aimez le surnaturel en ce moment ?

“Oui “Vampire academy”. C’est un peu Harry Potter qui aurait viré saigneur ! Il est question d’une école de vampires dans laquelle on enseigne à des jeunes gens pas très raisonnables comment contrôler leurs bas instincts. J’incarne la principale de cet établissement bizarre. Une femme très sévère que les étudiants redoutent ! Bien entendu, je suis aussi un vampire et j’ai adoré qu’on me colle de fausses dents !”

Et votre rôle de James Bond girl, il ne vous colle pas trop à la peau ?

“Mais j’adore quand quelque chose que j’aime me colle à la peau. J’ai adoré ce rôle Quantum of Solace. Daniel Craig est en plus un homme charmant. Mais ce que j’aimerais le plus c’est jouer une espionne…”

Qui tuerait ses ennemis avec des dents de vampires ?

“Oui… ou donnant des coups avec sa queue de sirène ! (rires)”

Interview > Frank Rousseau