Le Buzz Store de Cyril Théréaucartonne déjà du côté de Charleroi

Sans effet de manche ni col relevé, l’endroit aurait sans doute pu emprunter le titre de The place to be à l’heure d’être baptisé. Le nom de Buzz Store aura finalement fait l’affaire. Car à quelques encablures de Charleroi, le magasin de Cyril Théréau (et de son associé Mano Calvo) encaisse déjà les compliments et les échos du succès : “La récompense vient des gens ! Je voulais leur offrir la possibilité de s’habiller bien, avec des grandes marques et à des prix cassés. Et sincèrement, je ne me voyais pas faire cela ailleurs qu’à Charleroi.”

Après deux ans et demi de travail, un passage par l’administration et ses éternelles broutilles, après aussi le soutien acharné de quelques amis (dont Mehdi Bayat cédant gratuitement à Cyril Théréau des spots destinés au Sporting de Charleroi sur Fun Radio), le Buzz Store aura donc fait au cours des derniers jours son premier plein de clients. Loin, très loin, des bruits de transfert conduisant Théréau au Milan AC.

Cyril, est-ce que ce projet ne vous a pas empêché à certains moments de vous concentrer sur le football ?

“Non, au contraire. Sincèrement, quand vous ne pensez qu’au foot 24h sur 24, vous risquez parfois de devenir fou. J’avais besoin de cette respiration, de pouvoir me dire qu’il y avait autre chose dans ma vie. Et puis, il ne faut pas exagérer. J’ai une amitié et une confiance totale en mes associés, Mano et Karim. Ce qui me soulage d’une partie énorme du travail.”

Qu’est-ce qui vous a poussé à lancer un comptoir privé à Charleroi ? Ce n’est pas vraiment le lieu auquel beaucoup auraient pensé.

“J’ai toujours su que je voulais faire quelque chose ici. C’est une région qui me tient à cœur. Au départ, l’idée était peut-être de faire un Sportbar comme à Anvers mais depuis l’Italie, je me suis vraiment passionné pour la mode et les vêtements. Une chose était claire pour moi depuis le début : vu la présence de mon fils ici, tous mes investissements devaient se faire en Belgique. Et Charleroi, c’était un peu une évidence pour moi.”

Vous savez que vous êtes l’un des rares joueurs de foot à faire des investissements aussi ciblés ?

“C’est vrai. Peut-être que je vais donner des idées à certains joueurs, je n’en sais rien. Je crois savoir que Dembélé avait ouvert un bar à Anvers. Djibril Cissé a aussi lancé une marque de vêtements qui marche bien, mais c’est une entreprise extrêmement compliquée. Je sais que cela peut étonner. Cet été, je ne pense pas être fou en disant que je pourrai signer un contrat qui mettra ma famille à l’abri pour le restant de nos jours. Mais qu’est-ce que cela va changer ? J’ai besoin de faire quelque chose d’autre de ma vie. Le foot, cela a une date de péremption aussi.”

C’est au moment où votre carrière était dans le creux que vous y avez songé ?

“Oui, c’est clair. Vous savez, quand j’ai quitté Anderlecht pour retourner à Charleroi, j’ai divisé mon salaire par deux. Sur le coup, cela me paraissait totalement anodin. Puis, à la réflexion, vous vous dites que cet argent aurait pu être utile pour vos vieux jours et c’est là que la machine s’enclenche et que vous vous dites qu’il faut faire autre chose dans la vie.”

Par rapport à la gestion du Buzz Store, ce serait plus facile de rester joueur en Italie, non ?

“Quoi qu’il arrive, on pourra s’adapter. Mais c’est clair que je ne quitterai pas l’Italie pour quelques milliers d’euros en plus. Je m’y sens trop bien et j’ai appris à ne pas troquer mon bonheur contre un peu d’argent supplémentaire. Attendez encore un peu, le marché va bouger.”

Interview > Thibaut Roland