Témoignage des psychiatres au procès de Fadele Ahmad, qui a massacré sa fille

ASSISES BRUXELLES Les psychiatres Marc Goltzberg et Yves Crochelet ont expliqué, vendredi, que l’accusé avait été pris d’une rage destructrice visant sa compagne, son enfant mais aussi lui-même.

Fadele Ahmad, 38 ans, est accusé du meurtre de sa fille de 7 mois, Leila, le 2 novembre 2009, à Anderlecht. Il l’avait saisie par une jambe et l’avait frappée contre le sol à plusieurs reprises.

Vendredi, les questions ont porté sur l’éventualité que Monika et Fadele Ahmad, appelé par son faux nom Hassane Khiar, aient à nouveau un enfant.

Monika avait affirmé, jeudi, qu’elle était toujours amoureuse de l’accusé, qu’elle n’imaginait pas sa vie sans lui et qu’ils avaient le projet d’avoir d’autres enfants. Elle va le voir chaque jour à la prison, avait-elle déclaré. “La dynamique du couple est certainement préoccupante”, s’est exprimée Axelle Dejardin, experte psychologue. “Ils trouvent en réalité l’un dans l’autre une assurance narcissique.”

Le docteur Yves Crochelet a ajouté que l’impulsivité fait et fera sans doute toujours partie de la personnalité de l’accusé.

Les experts ont fait part d’avis différents à propos de la place qu’avait l’enfant dans l’univers familial. “Il était aimé des deux parents”, a affirmé Marc Goltzberg.

Mais Axelle Dejardin et Yves Crochelet ont soutenu que la petite fille était surtout aimée de sa maman. “Lorsqu’il parle de Leila, M. Khiar dit sa fille, celle de Mme Lacova”, a insisté Mme Dejardin. “En frappant l’enfant, je pense qu’il a voulu atteindre Mme Monika Lacova.”

Enfin, l’expert en toxicologie, Jan Tytgat, a exposé, vendredi soir, que le sang de Leila contenait de la cocaïne. L’expert a admis que Leila aurait notamment pu ingérer la cocaïne si elle avait été allaitée par une mère sous l’influence de cette drogue. Interrogée vendredi, la maman, Monika L., a affirmé n’avoir jamais pris de cocaïne.

La compagne de l’accusé ne cache pas qu’elle l’aime encore et veut un autre enfant de lui. photo news