L’ancien champion olympique remporte l’étape reine, bien gérée par Chris Froome, toujours solide leader

CRITÉRIUM DU DAUPHINÉSUPERDÉVOLUY Il avait longtemps espéré s’imposer sur le Tour d’Italie, notamment lors du contre-la-montre en côte, lors duquel il a longtemps eu le meilleur temps avant d’être devancé par Nibali, mais Samuel Sanchez avait cette saison toujours trouvé plus fort que lui. Le champion olympique de Pékin avait même été assez discret sur les classiques ardennaises. Mais hier, il a retrouvé le sourire, en remportant l’étape reine du Critérium du Dauphiné. Le coureur originaire des Asturies (mais qui a toujours couru dans les catégories d’âge au Pays basque) a profité des cinq cols répertoriés, dont l’Alpe d’Huez en début d’étape, pour ouvrir son compteur de victoires. Dans l’ascension finale menant à Superdevoluy, il est parvenu à sortir du groupe des hommes forts pour résister au retour de Rodriguez et de Valverde. Seul le Danois Fuglsang est revenu dans son sillage, mais l’Espagnol l’a battu au sprint, avant de peiner à contenir ses larmes.

“En gagnant, j’ai pensé à deux amis que j’ai perdus”, raconte le leader des Euskaltel-Euskadi. “Victor Cabedo, qui avait 23 ans et a été tué pendant son travail (c’était un de ses coéquipiers, renversé par un véhicule à l’entraînement l’an dernier, NdlR), et un autre ami il y a deux semaines et gagner était le meilleur moyen de leur rendre hommage.”

Ce succès est pour lui une délivrance. “Cette saison, avec la météo que nous avons connue, a été assez difficile et j’arrive seulement en forme maintenant”, évoque encore Samuel Sanchez. Idéal en vue du Tour de France ? Non, car il n’en sera pas ! “Après le Dauphiné, je vais prendre du repos, pour consacrer du temps à mes enfants, explique-t-il. J’ai couru un Giro très éprouvant.” Et il veut être frais en fin de saison, notamment pour le Championnat du Monde, qu’il a reconnu et qui l’inspire.

L’étape a été animée par plusieurs Belges, Jurgen Van Den Broeck et Kevin Seeldrayers, partis dans une échappée de 22 hommes (avec notamment Chavanel, Gallopin, Rolland). VDB, mieux en jambes que ces derniers jours à cause de ses ennuis de santé, a même tenté de se faire la belle avec Pierre Rolland, mais le rythme rouleau compresseur des Sky de Chris Froome, toujours solide leader a eu raison de ses efforts.

Julien Gillebert