Nous York. Le passage amer à l’âge adulte

RÉSUMÉ. Pour quelques jours seulement, Michaël, Nabil et Sylvain quittent leur banlieue, direction New York. Au menu, un peu de tourisme et surtout des retrouvailles avec les deux filles qu’ils ont toujours considérées comme des sœurs… ou plus, Samia et Gabrielle. Sur place, cependant, le rêve américain leur saute moins aux yeux que la lassitude de Gabrielle face aux vieux dont elle s’occupe ou l’effacement de Samia dont le travail consiste à satisfaire tous les caprices d’une top model.

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NOTRE AVIS. Après Tout ce qui brille, Géraldine Nakache retrouve Hervé Mimran derrière la caméra et ses potes Manu Payet et Leïla Bekhti devant. Sur une thématique de base finalement assez proche : la fascination exercée par une grande ville. Mais cette fois, l’approche est fort différente. Les rêveries de l’adolescence laissent place aux désillusions de la vie d’adulte, à la difficulté de rester fidèle à ses principes quand les critères de la réussite s’y opposent, à la douleur de prendre ses distances avec sa famille.

En dépit d’une légèreté de façade, des blagues potaches de trois potes qui quittent péniblement l’adolescence, le ton est plutôt sentimental, mélancolique, légèrement triste.

Les trentenaires devraient se retrouver dans ces portraits tantôt désabusés, tantôt pleins d’espoir, dans tous les questionnements de protagonistes pas encore trop sûrs d’eux-mêmes et de leur place dans la société. Et même si certaines scènes ont tendance à se répéter, même si les deux cinéastes préfèrent effleurer les grands thèmes que soumettre une réflexion en profondeur, Nous York peut compter sur une interprétation pleine de charme (Marthe Villalonga est exceptionnelle au milieu de vieux New-Yorkais craquants) pour finalement faire pencher la balance du bon côté.

P. L.