Un livre sur le quotidien d'une ONG du bout du monde, créée par un Bruxellois

KATMANDOU C'est un peu l'heureux hasard de la vie qui a mis Jean-Christophe Ryckmans, un Laekenois pur jus, sur la route des enfants népalais de la rue.

Des gosses, de 6/7 ans parfois, livrés à eux-mêmes que ce futur papa tente humblement de sauver par le biais de son organisation non gouvernementale (ONG), créée le 19 juillet 2002.

L'espoir au bout de la rue sort lundi. Où 196 pages centrées sur l'incroyable récit de cette aventure, humaine entre toutes... Le jeune homme n'a pas 18 ans. Mais débarque au Népal. La curiosité pour unique bagage. Pour se rapprocher d'un Tibet qui le captive. "J'ai travaillé un mois dans un village. Pour une organisation non gouvernementale, Quinoa. Puis mes retours en Belgique se sont progressivement espacés", trace, en deux mots, Jean-Christophe Ryckmans. 26 ans. Un look de jeune premier avec sa queue-de-cheval. Et, dirait-on, déjà l'expérience de plusieurs vies.

Le fondateur/directeur de CPCS (Child Protection Centers and Services), entre-temps marié à une Népalaise, conte son histoire, celle de près de 900 petits Népalais pris en charge journellement, comme si elle allait de soi. Comme si la motivation de ce Bruxellois n'était dictée que par l'évidence. "Progressivement, je me suis mis à travailler pour Cwin, une ONG servant de refuge aux enfants isolés de tout soutien familial. Katmandou en compte entre 1.000 et 1.200."

Plus tard, Jean-Christophe Ryckmans se mettra en tête de prendre le relais. CPCS est né. Presque par jeu, par défi. "On les réduit souvent à une équation idiote. Soit ce sont des criminels, soit ils inspirent la pitié. Eux se sentent en liberté, quitte à avoir la colle pour s'échapper. Nous, nous misons sur la réduction de risques. C'est-à-dire faire en sorte qu'ils soient capables de lire, d'écrire, de thésauriser leur argent, de connaître les risques de la rue. Mais nous ne sommes qu'une béquille. Et puis, il y a la réhabilitation sociale."

Pour ce faire, les onze bureaux (dont deux à Katmandou) ouverts par l'ex-correspondant de la DH, ont leur propre réseau de scolarisation de ces "castards, intelligents, as de la débrouille", bossent avec des volontaires (parmi lesquels beaucoup d'ex des bidonvilles), présentent un budget annuel rikiki de 200.000 €, 16/17 gros projets inspirés par un respect absolu des gamins et fonctionnent grâce aux subsides de deux grosses fondations américaines.

C'est ce dévouement absolu que livre L'espoir au bout de la rue. Que l'on vous suggère de lire, mais, surtout, d'acheter en ligne, histoire de connaître et d'aider au mieux ces enfants mendiants.

Guy BernardInfos sur www.cpcs-int.org ou au 0478.20.68.98

Grâce au volontariat des équipes de Jean-Christophe Ryckmans, établi au Népal, ce sont des centaines de gosses délaissés qui, chaque année, entrevoient une lueur. (VANZEVEREN)