L'ex-patron de la BSR de Dinant, Claude Rasador, est venu défendre la mémoire de Gérard Vannesse, décédé

ARLON «Gérard Vannesse est décédé à cause de cette affaire. C'est une victime de plus dans le dossier. Son décès ne lui permettra jamais d'être reconnu innocent. Pendant 30 ans, il s'est dévoué à son travail. Monsieur Vannesse était un flic honnête. Je voudrais qu'on le reconnaisse, pour sa veuve et ses enfants.»

Très ému, Claude Rasador, ex-patron de la BSR de Dinant, est venu défendre l'honneur de son collègue Gérard Vannesse, arrêté et inculpé par le juge Connerotte en 1996 et décédé en novembre 1997 d'un accident vasculaire cérébral.

Saisie chez sa veuve

pour 30.000 francs

Pour faire simple, Gérard Vannesse, à qui Nihoul donnait des informations, a été accusé d'avoir protégé l'accusé et ses complices présumés. La vérité est sans doute tout autre.

«En huit ans, c'est la première fois que je peux m'exprimer. C'est étonnant mais c'est ainsi: personne à Neufchâteau n'a voulu entendre ce que nous avions à dire à propos de notre collègue. Nous avons juste pu transmettre des informations à M. Verwilghen pour la Commission», explique M. Rasador, qui garde un vif ressentiment à l'égard du juge Connerotte ou aux enquêteurs de l'ex-PJ.

Il raconte comment M. Drisket a fait condamner la veuve de M. Vannesse et envoyé chez elle un huissier pour saisir 30.000 francs. «La guerre des polices, ça conduit à ça!» dit Claude Rasador, en rage.

M. Rasador a expliqué les contacts entre Vannesse et Nihoul. Via un assureur, Nihoul a pris contact avec la BSR de Dinant d'abord pour dénoncer un vol de voiture, une VW Taro, et signaler qu'elle était cachée à Pondrôme. Il balance aussi un trafic de drogue et implique trois personnes: Flier, Walsh et Lelièvre. «C'est Vannesse qui a décroché le téléphone ce jour-là, pour son malheur. Nihoul, on ne le connaissait ni d'Eve ni d'Adam.»

«M. Nihoul,

respectez au moins les morts!»

Les contacts vont se poursuivre. «A chaque fois, il y a eu un rapport. A chaque fois, il a rencontré Nihoul avec l'un de ses collègues, presque toujours dans un bureau de police», dit encore Rasador.

Interrogé par le procureur Bourlet, l'ex-patron de la BSR de Dinant nie avec force la version de Michel Nihoul qui raconte que s'il a livré de la drogue à Lelièvre, c'est sous le couvert du gendarme Vannesse pour infiltrer le réseau.

«Je n'ai jamais vu un policier remettre de la drogue à qui que ce soit. Je m'y serais opposé, j'aurais fait des procès-verbaux. Si M. Vannesse a remis de la drogue à M. Nihoul? Sûrement pas, je m'en porte garant comme de moi-même. Je suis formel.»

Et l'ex-gendarme conclut en fixant l'accusé: «M. Nihoul, respectez au moins les morts!»

© La Dernière Heure 2004