Seul le titre de Low Cost paraît bien choisiCar ce film s’est fait descendre en flèche

Low Cost . 20.25

À force de traîner dans les avions et d’entendre des anecdotes sur “des pilotes qui se gourent d’aéroports, un pilote qui s’endort, un passager qui se balade avec un boa constrictor”, les pensées de Maurice Barthélémy ont décollé pour se perdre dans les nuages d’une version bien française du cultissime Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Mais à l’arrivée, il n’est parvenu à tourner qu’une comédie qui porte bien son titre, Low Cost. Une pantalonnade qui chute de très bas pour s’écraser lourdement au sol. C’est sûr, le mur du son de l’humour n’a pas été franchi avec les mésaventures de touristes d’une compagnie bon marché réduits à devoir prendre le contrôle de l’avion censé les ramener chez eux mais qui reste cloué au sol faute d’équipage. Par chance, un commandant de bord à la préretraite (Gérard Darmon) se trouve à bord. Et accepte de ramener tout le monde à Paris.

C’est un pilote de ligne mis à la retraite à cause de l’âge… ou à cause de ses compétences, donc peut-être en préretraite. Il est ce qu’on appelle un has been. Pour autant, il n’a pas digéré sa reconversion et semble un peu perdu dans sa nouvelle vie. Mais la vie justement va l’obliger à piloter à nouveau. Il a toujours son uniforme avec lui parce qu’il n’a pas assimilé que sa carrière était finie. Du coup, il trimballe ce costume au cas où. Et le cas où arrive ! Un des personnages a beau dire : L’erreur est humaine. Et Jean-Claude est une erreur, il arrive tout de même à le faire décoller cet avion. C’est un personnage pathétique mais attachant.

De tous ses partenaires, Gérard Darmon se souvient surtout de Judith Godrèche. Ben tiens… “C’est une personne délicieuse, avec qui on s’est permis une improvisation pour la scène où je la draguouille maladroitement. On s’était vus dans nos loges pendant que Maurice préparait son cadre. On était dans l’enthousiasme, dans l’envie… C’était une séquence rajoutée en fin de journée, la figuration était partie – c’est pour cela qu’on est en gros plan. C’est un de mes meilleurs souvenirs de ce tournage.

Cela dit, en dépit de tous les compliments assénés, il préfère éviter de trop disséquer le travail. “Je n’analyse pas. Je fais confiance, car c’est Maurice qui me le propose. Il a son univers, je le connais et je l’apprécie. Je sais qu’il va m’emmener dans un humour qui me plaît. Et je sais qu’avec ce genre de comédie, quand le tournage se passe bien, il y a un plus à l’arrivée. Les personnages prennent chair et le film se muscle.

Des paroles en l’air : cette comédie s’est complètement crashée.

Patrick Laurent