Elle a introduit un dossier de reconnaissance de ses climats au Patrimoine de l’humanité

Au cours d’une manifestation festive, dans le cadre insolite des carrières de Comblanchien, à laquelle participait, entre autres, Pierre Arditi, grand amateur de vin, la Bourgogne a officiellement lancé le 1er juin sa campagne en vue de la reconnaissance de ses climats par l’Unesco.

La Bourgogne, comme le résume joliment Bernard Pivot, est “le seul endroit au monde où, quand on parle de climat, on ne regarde pas le ciel mais la terre !”.

Car quand on évoque les climats de Bourgogne, on désigne ses vignobles célèbres dans le monde entier. Si connus, d’ailleurs, que les viticulteurs régionaux se défendent de vouloir décrocher le label Unesco pour réaliser une belle opération marketing.

D’ailleurs, ajoutent-ils, l’Unesco est très sourcilleuse en la matière et n’admettrait pas que son patronage soit utilisé à des fins commerciales.

En demandant que les climats de Bourgogne soient reconnus au Patrimoine mondial de l’humanité, les vignerons souhaitent tout simplement “faire prendre conscience à quel point notre site est unique et qu’il faut le protéger… pendant encore mille ans”.

Car c’est en Bourgogne qu’est née voici très longtemps une certaine forme de viticulture investie par l’homme. C’est ici, vous dira-t-on avec une modestie non feinte, que l’on a inventé la viticulture de terroir.

La Bourgogne, au total, représente 1.247 climats différents répartis sur une distance d’à peine 60 kilomètres entre Dijon et Santenay. Certaines parcelles portent des noms illustres comme Chambertin, Romanée-Conti, Clos de Vougeot, Montrachet, Musigny…

Il s’agit de vignobles délimités par des murets en pierre calcaire, hiérarchisés et nommés parfois ainsi depuis le Moyen Age.

La pierre calcaire est indissociable de la Bourgogne puisqu’elle a servi non seulement à édifier les maisons vigneronnes ou des monuments comme les Hospices de Beaune, mais c’est elle également qui nourrit la vigne.

Précisons encore que seule la Bourgogne peut se targuer de posséder des climats (en grec, kilma désignait l’inclinaison d’un terrain). Chacun possède son goût, son histoire, sa place dans la hiérarchie des crus. C’est pour cette raison, ajoute-t-on, que les climats représentent une exception dans les vignobles du monde.

Le dossier sera présenté en janvier 2014 par la France à l’Unesco qui devrait statuer en 2015. Un long délai pendant lequel les experts examineront le dossier et parcourront le territoire de la Bourgogne.

En attendant, pourquoi se priver d’aller à la (re)découverte de ces vins que de nombreux Belges connaissent déjà, eux qui sont déjà des dizaines à aller remplir le coffre de leur voiture chaque année ?

De Dijon à Beaune, en passant par Nuits-Saint-Georges, les communes réputées ne manquent pas pour aller y faire son marché, une commune comme Volnay abritant un viticulteur à chaque coin de rue…

GDM