Douze résidents du centre Reine Fabiola en fabriquent près de 5 tonnes par an

SOCIAL NEUFVILLES Responsable des ateliers du centre Reine Fabiola de Neufvilles, parmi lesquels on trouve une fabrique de ronds de plâtre pour cougnoux, Serge Peleriau est inquiet.

Ranson, le fournisseur en boulangerie qui achetait un tiers de la production des résidents du centre d’accueil pour personnes handicapées mentales, a stoppé ses commandes. La raison ? Les supermarchés Cora, qui sont son principal client, proposent depuis les dernières fêtes de noël des cougnoux dénués de ronds de plâtre.

Depuis plusieurs semaines, Serge Peleriau se démène pour sauvegarder une activité que ses protégés sont parmi les derniers à entretenir : “Je viens de recevoir une réponse du supermarché, qui me renvoie vers le responsable des achats”, explique le chef d’équipe des ateliers du centre.

“Dans le cas où les motivations du supermarché ne seraient pas que financières, je lui ai transmis un certificat de qualité de nos ronds de plâtre. La couleur que nous utilisons pour décorer les ronds est celle employée dans les écoles primaires”.

La grande surface reviendra-t-elle sur sa décision à l’heure où les économies d’échelles sont au centre des préoccupations ? Serge Peleriau l’espère : “Nous ne ruinons personne avec nos ronds de plâtre, que nous vendons 2,80€ HTVA le kilo ! C’est d’ailleurs une activité qui n’est rentable que pour un centre comme le nôtre, voire une prison. J’espère que nos résidents pourront continuer à en produire, d’autant que je n’imagine pas une cougnou sans rond de plâtre… Certains boulangers les remplacent par des petits jésus en sucre mais cela n’a strictement rien à voir avec la tradition”.

Contactée par téléphone, la direction du Cora n’a pas été en mesure de nous éclairer davantage sur le sujet.

Kevin Centorame

La fabrique de ronds de plâtre pour cougnoux est menacée.avpress