Les Américains se l'arrachent en Irak. Histoire de ramener un petit souvenir

BAGDAD Le sourire jusqu'aux oreilles, un horloger sort de l'arrière de sa boutique un sac en plastique avec des dizaines de montres kitch à l'effigie de Saddam Hussein: «elles se vendent très bien, dit-il, car beaucoup d'étrangers, dont des Américains, veulent en rapporter une chez eux».

Dans le quartier des horlogers de Saadoun dans le centre de Bagdad, Karim Ahmed ouvre le cadran d'une montre made in Taïwan et y dépose minutieusement avec une pince des portraits de Saddam Hussein découpés dans d'anciens timbres-poste. «Voilà, dit-il, c'est fini. Je vais la vendre 50 dollars celle-là, peut-être plus, je verrai plus tard.» Le salaire moyen mensuel était de 5 à 6 dollars ces dernières années en Irak.

Dans les vitrines, les montres contenant à l'intérieur des portraits miniatures insérés de Saddam Hussein en tenue militaire ou bien avec un chapeau noir ont été exposées bien en vue. Certaines de ces montres et montres à gousset, portant également des gravures de La Mecque, sont vendues au prix exorbitant de 100 à 200 dollars. Elles ont été commandées en Suisse dans les années 80 par le parti de Saddam Hussein, le Baas.

Aujourd'hui, des copies rudimentaires de ces originaux se vendent à un prix allant de 12 à 45 dollars pièce. Sensibles à cette demande, des commerçants irakiens ont même pensé à un modèle féminin de montres, frappées des portraits de Saddam Hussein en tenue de chasse ou bien en tenue traditionnelle arabe. Certaines ont même deux portraits du raïs collées sur le cadran. Dans un autre magasin, le propriétaire s'inquiète déjà d'une possible pénurie de timbres à l'effigie de Saddam.

© La Dernière Heure 2003