Avec les règlements kafkaïens, il y a de quoi devenir martien !

ARTISTES DE RUEBRUXELLES Gérard Spencer, qui est musicien et joue de la… soucoupe volante, s’est vu confisquer par la police les CD qu’il comptait vendre au public, là où il joue de son instrument en rue. Tous ses CD. C’est ce qui l’a amené à s’interroger sur la réglementation appliquée aux artistes de rue et à découvrir, selon lui, que la police de Bruxelles se trompe depuis sept ans et lèse les musiciens.

Quand la police passe, il n’est pas en règle. Mais quand il s’adresse au SPF Économie, alors il est en règle. Bref, de quoi devenir martien.

L’instrument d’origine suisse est intrigant : c’est un assemblage de deux demi-sphères en métal spécial produisant une sonorité magique, intense, enivrante et apaisante. Les demi-sphères évoquent des soucoupes volantes.

Avec de l’imagination, vous pourriez penser aussi à un wok, un barbecue, un bouclier, même une carapace de tortue : gardons l’image de la soucoupe volante.

L’autre week-end, Gérard Spencer, 25 ans, jouait derrière la Bourse quand passa la patrouille. Gérard et son UFO musical attiraient la foule.

La patrouille fit cesser le concert. Et demanda à Gérard son “autorisation d’activité artistique sonore”. Et Gérard d’exhiber l’autorisation de jouer du hang-drum – appellation officielle de l’instrument – délivrée par l’échevine de la Culture de la ville de Bruxelles Karine Lalieux.

Comme Gérard Spencer vend ses propres CD, la patrouille lui demanda son autorisation de commerce ambulant. Gérard n’avait à ce moment qu’un e-mail du SPF Économie confirmant l’autorisation. Et la police de répliquer qu’un e-mail chiffonné, ça ne suffit pas.

Du coup, son stock de CD était saisi et Gérard convoqué au commissariat pour commerce ambulant illégal.

De là ses recherches…

Et sa trouvaille : l’alinéa 3 de l’article 12 de l’arrêté royal du 24 septembre 2006 relatif à l’exercice des activités ambulantes précise clairement que “la vente, l’offre en vente ou l’exposition en vue de la vente de productions artistiques par leur auteur, n’est pas soumise aux dispositions de la loi”.

Pour Gérard Spencer, la police de Bruxelles, ignorant cet arrêté royal, saisit illégalement les CD des artistes de rue, et, selon lui, cela dure depuis septembre 2006.

Tout fier de sa trouvaille, le joueur d’ovni s’est rendu au commissariat où grande fut sa déception : il lui fut répondu par la secrétaire de l’inspecteur ayant saisi ses CD que “s’il insistait, il passerait 12 heures au cachot”.

Gérard Spencer est pourtant certain de son bon droit. Il était le seul joueur de cet instrument bizarre. À la suite de cet incident, le joueur de soucoupe volante (g.spencer1987@hotmail.com) a décidé de quitter Bruxelles, pour Berlin.

Gilbert Dupont