Suite aux attentats,

le Conseil d'administration exhorte le personnel à entamer les négociations

BRUXELLES Réunion de crise, hier, chez Sabena. Le Conseil d'administration, initialement prévu pour évaluer l'avancement du plan de restructuration de la compagnie a en fait été entièrement consacré à l'évaluation de l'impact des attentats qui ont touché New York la semaine dernière.

Un impact que la direction se refuse à chiffrer - du moins publiquement - mais qu'on annonce déjà catastrophique. Surtout pour une compagnie qui perdait déjà autant d'argent.

Le constat du CA est très précis. La crise en elle-même a eu un impact direct: des milliers de passagers à reloger, des vols à annuler... Impacts indirects également: nombre de passagers annulent leurs réservations, beaucoup d'autres ne se présentent pas à l'enregistrement. Enfin, le CA s'inquiète de l'impact futur des événements de New York. On craint ainsi une flambée du carburant, on s'inquiète de la tenue du dollar face à l'euro, on redoute une augmentation des primes d'assurances dans le secteur aérien...

En fait, le secteur connaît actuellement tous les signes avant-coureurs d'une récession bien plus importante que celle qui avait suivi la crise du Golfe, explique un administrateur de Sabena. Et on sait quel fut l'impact de cette dernière sur les compagnies aériennes.

La récession s'annonce et risque d'être très dure pour le secteur, poursuit la direction. Et spécialement pour la Sabena qui va déjà si mal. Le message est très clair. Nous ne pouvons plus attendre pour négocier notre plan de restructuration avec le personnel. Nous devons négocier tout de suite et arriver vite à des résultats.

Sans quoi? Sans quoi la compagnie mourra avant la fin de l'année, conclu la direction.

Mais les négociations s'annoncent très difficiles. D'autant que le CA a avalisé hier de nouvelles mesures d'économies présentées par la direction. Des mesures dont on ne connaît pas encore le contenu mais on parle de nouveaux efforts de productivité, de réduction des capacités sur l'Atlantique... et de pertes d'emplois (un vol quotidien sur les Etats-Unis génère près de 100 emplois).